Tout nous pousse à nous croire isolés, séparés et, ça ne fait pas un pli, nous le sommes : chacun sa merde, n’est-ce pas ? On n’y est pas obligé – elle ne se réduit pas à cela - mais on a le droit de lire l’œuvre, romans ou essais, tous genres joyeusement entremêlés, de l’écrivain John Berger comme un antidote à ce poison de l’époque. Livre après livre, il refait les nœuds là où les liens ont été cisaillés. Ressoude inlassablement, les jointures usées entre les vivants et les morts, entre les amants éloignés, entre l’intime et le collectif, entre la surface et la profondeur. Façonne une poche, oui, une petite poche de résistance qui, comme il l’a écrit un jour, « se forme lorsque deux personnes ou plus se réunissent parce qu’elles sont tombées d’accord ».
Formes des luttes
lundi 15 mars 2010
En solidarité, de l’utilité de la métaphore pour rêver et résister
Par TL, le lundi 15 mars 2010, 14:56
jeudi 04 mars 2010
« C'est dans l'inachèvement qu'on peut trouver l'énergie d'agir au présent »
Par TL, le jeudi 04 mars 2010, 14:00
« L’idée, c’est plutôt qu’il faut capter ces signes venant du passé si l’on veut pouvoir saisir ceux que notre présent est capable de produire. Ce ne sont pas des signes d’espoir dont on a aujourd’hui besoin, ni de la pseudo-énergie du slogan, mais d’autres signes de frémissement, inaugurant de nouvelles expériences, beaucoup plus concrètes, même à des niveaux qui ne parviennent pas encore à être politiquement visibles. Des utopies concrètes, des écarts de conduite assumés. En tout cas beaucoup mieux et beaucoup plus que le récitatif sur l’impossibilité de l’expérience, de la politique, de la révolution… Il y a bien un possible, il gît dans l’inachevé. Avec l’éveil, il ne s’agit pas du tout d’achever le passé mais bien plutôt de le laisser et même de le rendre à l’inachevé. Et c’est dans cet inachèvement qu’on peut trouver l’énergie d’agir au présent. C’est là où il n’y a plus d’inachevé que se pointe le péril. C’est d’abord cela que veut dire le mot totalitaire : ne pas supporter l’inachèvement, ne pas supporter l’ouverture de la communauté à ce qu’elle ne peut pas réaliser. Ou si vous préférez, c’est aussi bien toute la question du mot de passe : « Si tu connais le mot de passe, tu entres, si tu ne le connais pas, tu n’entres pas. » C’est ce fonctionnement-là qui est véritablement l’ennemi, et qui doit être aboli. Le mot de passe, c’est une sur-substantification du nom qui tire le langage hors de lui. C’est pour cela que la littérature est au fond le seul bon modèle politique dont on dispose : parce qu’elle récuse dès le départ le mot de passe, parce qu’elle n’a de sens qu’à ouvrir le langage. »
Extrait d’un entretien avec l’insituable Jean-Christophe Bailly, réalisé par Suzanne Doppelt, Jérôme Lèbre et Pierre Zaoui et publié dans la revue Vacarme (n° 50, hiver 2010, en librairie). Tout le numéro est à lire : précieux dossier Défendre la gratuité, retour sur le dispositif Observer la ville à Nanterre, rencontre avec le cartographe Philippe Rekacewicz, etc.
lundi 01 février 2010
Du trop peu de Rêve générale
Par TL, le lundi 01 février 2010, 17:29

« Lors des manifestations qui se sont déroulées depuis le début de la crise, on n’a guère relevé le fait que beaucoup de gens arboraient une sorte de papillon sur lequel était écrit Rêve générale, avec en petit la signature Utopiste debout. C’est peut-être un détail mais qui me paraît extrêmement important car quelque chose s’inscrivait là en discordance avec la plupart des revendications. »
samedi 09 janvier 2010
Amorcer un récit plutôt que délivrer un message
Par TL, le samedi 09 janvier 2010, 18:43
Les hommes politiques sont, paraît-il, émus face à la montée en puissance des incivilités et des violences urbaines. Ils ont raison de l’être car la vie est fragile. Elle émerge dans des moments d’insistance, une fois, deux fois, parfois même trois… Mais comment persévérer face à des oreilles aussi sourdes à ce mouvement désirant de la vie publique ?
Découragement. Solitude. A se jeter dans la Seine, par la fenêtre.
Les anxiolytiques sont parfois peu efficaces pour tenir le pavé de la vie.
La mort rôde à nouveau.
Petits mots et petites expressions, petits et pourtant renfermant tout un monde
Par TL, le samedi 09 janvier 2010, 18:26
« Les grandes portes se rabattent
Nous sommes dans la cour d’une prison
Et c’est une nouvelle saison. »
« Ce sont eux – nous – des camarades prisonniers. Cette reconnaissance, quelle que soit la tonalité de la voix dans laquelle nous le disons, implique un refus. Jamais autant que dans une prison, l’avenir n’est calculé et attendu comme quelque chose qui soit aussi totalement contraire au présent. Ceux qui sont incarcérés n’acceptent jamais le présent comme une fin. »