Humaginaire.net : pour un nouvel imaginaire politique (chantier)

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mercredi 04 août 2010

Opéras de savon et lutte des classes

« À vrai dire, beaucoup plus
que des annonceurs, nous étions
devenus des coréalisateurs
d’émissions que nous patronnions,
à la manière des soap operas
des Américains. »
François Dalle,
PDG de L’Oréal
de 1957 à 1984

C’est la nuit du 4 août, je vous rappelle. L’abolition des privilèges et tout ça ! C’est aussi, hier matin, le dernier conseil des ministres avant les vacances : ceux qui y ont leurs ronds de serviette sont venus « en rose pâle, en jaune et en beige », nous raconte l’envoyé spécial à l’Elysée. Le gouvernement communique. Au moment où, nous narre-t-on, il « part pour une destination soleil inconnue, avec mariage à la clé », Eric Besson, le furieux aux papiers d’identité nationale, répond à France Inter :

- Qu’est-ce que vous pensez des déclarations, dans le quotidien l’Humanité, de Stéphane Hessel, un des rédacteurs de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, qui dit qu’on assiste à des prises de position inconnues depuis Vichy, qui ont visé les juifs français ou les roms ?

- C’est grotesque. La politique française souffre de ce type d’anachronismes. (…)

- Eric Besson, merci ! Est-ce qu’on peut vous souhaiter de bonnes vacances quand même ? Avec beaucoup de bonheur !

- Oui, oui, merci. Le bonheur nous sera donné de surcroît. Merci beaucoup !

Arrêtez avec Vichy et les vieilles badernes, avalez la guimauve de l’été, entrez dans l’histoire rose bonbon !

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vendredi 21 mai 2010

C'est trop chou

Ancienne directrice des études de l'UMP, rédactrice en chef du programme du candidat Sarkozy en 2007, directrice de cabinet du président de la République jusqu'en juillet 2008, puis conseillère spéciale à l'Elysée, Emmanuelle Mignon prend la direction de la stratégie et du développement de la holding du réalisateur-producteur Luc Besson. « L'industrie du divertissement est un secteur d'avenir, créateur de richesse et en pleine mutation », lit-on dans son communiqué.

vendredi 14 mai 2010

Trous de balle dans le pied

Tiens, tiens, voici, voilà une forme de lutte qui plaît beaucoup au quotidien Libération: gorges chaudes ce matin, une page complète et un couronnement dans la revue de presse de France Inter – la classe ! Chez Thalès, quelqu’un a mis en ligne un petit film pour dénoncer le patron qui n’est rien qu’un dictateur cassant la motivation du personnel. « Une vidéo désopilante», nous promet-on.

(Vous n'êtes pas obligé d'aller au bout, sauf si vous aimez l'Internationale en russe, bien entendu) Faut-il vraiment commenter, autrement qu'avec une chanson engloutie, en tout cas à Libération, une chanson désopilante ?

Les nouveaux partisans, chanson de Dominique Grange, avec Oreste Scalzone dans le chœur (extrait)

vendredi 19 mars 2010

De l'hécatombe dans les luttes

Préparant, pour le début de la semaine prochaine, une enquête sur le « climat social » dans la Loire, au lendemain du second tour des élections régionales et à la veille de l’appel à la mobilisation intersyndicale du 23 mars, voilà que je tombe, jeudi, sur un « scoop » des Petites affiches de la Loire : cet hebdomadaire publie des extraits édifiants d’une feuille de route dressée par un spécialiste du nettoyage patronal à l’intention de la direction de Siemens VAI MT qui, selon la formule consacrée à raison, le stipendie. Rédigé en février par un consultant de BPI, un cabinet qui œuvre dans le conseil en stratégies de changement pour les entreprises, et circulant visiblement sous le manteau depuis des semaines dans les rangs des salariés et de la presse (puisque l’hebdomadaire de Lutte ouvrière en avait déjà livré de longs extraits le 12 mars dernier), le document constitue un modèle de cynisme entrepreneurial achevé, mais courant – on le redoute –, lors de la délocalisation et la fermeture d’un site industriel : à Saint-Chamond, dans la Loire, Siemens VAI MT veut liquider son usine et son centre de recherches, licencier 274 salariés, mais ceux-là ont du mal à l’accepter…

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samedi 20 février 2010

Répète après moi

« Combien gagne-t-il de plus depuis qu’il parle anglais ? » Je te le demande, dans le métro parisien, ces jours-ci. « +35% », c’est écrit, promis-juré, sur les grands placards publicitaires. « I speak Wall Street English », articule un gonze, en tirant un drapeau britannique à la place de la langue. Subprime mortgage, hedge funds, offshore, dark pools, etc. Combien tous ces mots du vocabulaire élémentaire de l'anglais de Wall Street nous ont-ils fait perdre déjà ? Pendant ce temps, en Seine-Saint-Denis, à l’école, les gamins ont inventé un terme – c’est une enseignante qui nous l’a raconté – pour dire « dérober », « ravir », « butiner » ou, en l'espèce, « télécharger des films sur internet ». Ils parlent de « madoffer » - c'est pas con.