« Il faut qu’au jour de la bataille sociale, on sache bien qu’on expose sa vie, non seulement pour faire triompher telle ou telle devise, mais surtout, et surtout pour conquérir son droit à l’existence ; et les devoirs remplis, le moyen de donner satisfaction à ses besoins.
Je crois que si, au jour de la grande bataille, ceux qui descendent dans la rue et retroussent leurs manches pour s’aligner en face de leurs adversaires, sont bien pénétrés de ces idées claires comme le jour, qui ne demandent ni de profondes études ni de longs développements, je crois, dis-je, qu’ils auront assez de cœur au ventre et de sang dans les veines pour ne pas abandonner la partie avant de l’avoir gagnée.
Les citoyens qui ont été mêlés aux tourmentes qui agitent la société depuis une quarantaine d’années seront certainement de mon avis.
Il ne suffit pas – et juin 1848, et mai 1871 nous en ont donné la preuve – d’avoir le cerveau bourré d’excellents arguments, de projets et de solutions plus ou moins économiques ; il ne suffit même pas d’être armé jusqu’aux dents, d’avoir à disposition des arsenaux, des canons, des mitrailleuses et des munitions, si l’on manque du sens pratique de la Révolution.
Je citerai bien des cas où les combattants de la Commune, traqués et sans espoir d’échapper au massacre, témoignaient encore de leur respect de la propriété et à ce qu’on est convenu d’appeler la légalité.

Reçu hier un envoi du
collectif Ne pas plier ; découvert aujourd’hui deux
autocollants (Egalité citoyenne : égalité des droits
entre les femmes et les hommes) et un extrait du rapport fait par
Hubertine Auclert au troisième congrès national ouvrier à
Marseille, du 20 au 31 octobre 1879 ; rendez-vous demain lundi 8 mars 2010
à 18 heures à Paris, à l’angle de la rue des Immeubles industriels et de la rue
du Faubourg Saint-Antoine, sur le parcours de la manifestation pour les droits
des femmes, afin de distribuer, ou de partager, l’image (*).
N’étant pas un doctrinaire, et voulant surtout faire œuvre de propagandiste en
restant à la portée de tous par une forme simple, humaine, persuasive, reposant
sur des arguments sérieux et des preuves irréfutables, me croyant, en outre, en
raison du prix et du but de cette publication, à l’abri de tout soupçon de
lucre et de vanité, je fais appel aux Citoyens dévoués et je leur demande de
m’aider à propager ces brochures parmi nos camarades de travail, à qui nous ne
saurions trop répéter : Qu’ils ne sont aux prises avec la misère que
parce qu’ils sont victimes des injustices sociales, et qu’il ne tient qu’à eux
de les faire disparaître.