Humaginaire.net : pour un nouvel imaginaire politique (chantier)

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mardi 23 août 2011

Au nom de l'appétit de l'esprit et de l'estomac

« Il faut qu’au jour de la bataille sociale, on sache bien qu’on expose sa vie, non seulement pour faire triompher telle ou telle devise, mais surtout, et surtout pour conquérir son droit à l’existence ; et les devoirs remplis, le moyen de donner satisfaction à ses besoins.

Je crois que si, au jour de la grande bataille, ceux qui descendent dans la rue et retroussent leurs manches pour s’aligner en face de leurs adversaires, sont bien pénétrés de ces idées claires comme le jour, qui ne demandent ni de profondes études ni de longs développements, je crois, dis-je, qu’ils auront assez de cœur au ventre et de sang dans les veines pour ne pas abandonner la partie avant de l’avoir gagnée.

Les citoyens qui ont été mêlés aux tourmentes qui agitent la société depuis une quarantaine d’années seront certainement de mon avis.

Il ne suffit pas – et juin 1848, et mai 1871 nous en ont donné la preuve – d’avoir le cerveau bourré d’excellents arguments, de projets et de solutions plus ou moins économiques ; il ne suffit même pas d’être armé jusqu’aux dents, d’avoir à disposition des arsenaux, des canons, des mitrailleuses et des munitions, si l’on manque du sens pratique de la Révolution.

Je citerai bien des cas où les combattants de la Commune, traqués et sans espoir d’échapper au massacre, témoignaient encore de leur respect de la propriété et à ce qu’on est convenu d’appeler la légalité.

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lundi 06 juin 2011

Et maintenant ?

L'eau a coulé sous les ponts, dit-on souvent, mais elle revient quand même - on le pense parfois. Loi du cycle : le liquide s'évapore, finit par former un nuage, retombe en pluie ou en neige, s'écoule et rebelote ! Voici un jeu de cartes postales que Sophie Wahnich a mis entre nos mains en fin de semaine dernière. Il émane d'un collectif éphémère - Et maintenant ? - à laquelle l'historienne a participé en 2003, à Paris, puis à Lyon. C'était après un certain 21 avril ; avant d'autres dates, passées maintenant ou encore à venir. Il y a, au dos de ces objets, quelques textes associés et une invitation à « déposer votre voix ». Voix, doléances, slogans, déjà, toujours. Ecoutez voir !

Hurler dans le désert, printemps 2003, une carte postale produite par le collectif Et maintenant ?

Hurler dans le désert, printemps 2003

J'ai une grande gueule, j'ai un poids, j'ai un certain volume corporel, et le fait d'avoir un volume corporel, ça entraîne à se faire entendre.

J'ai une voix qui porte loin, une voix assez grave on m'a dit, enfin moi je m'en aperçois pas mais on m'a dit tout ça...

Comme j'ai une voix qui porte loin, on veut m'entendre, on vient me chercher pour essayer de me faire parler.

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mardi 16 mars 2010

La Commune emmerde le Front national

« La Patrie, un mot, une erreur ! – l’Humanité, un fait, une vérité ! »

« Inventée par les prêtres et les rois, comme le mythe dieu, la patrie n’a jamais servi qu’à parquer la bestialité humaine dans des limites étroites, distinctes, où, directement sous la main des maîtres, on la tendait et la saignait pour le plus grand profit de ceux-ci, et au nom de l’immonde fétiche. »

« Quand le bois vermoulu du trône craquait et menaçait ruine, le berger ou, pour mieux dire, le boucher, s’entendait avec son cher frère ou cousin du voisinage, et les deux misérables couronnés lançaient l’une contre l’autre les multitudes stupides qui, pendant que les maîtres riaient à sa barbe, allaient – meutes affolées – s’entr’égorger, en criant : Vive la gloire ! Vive la patrie ! »

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dimanche 07 mars 2010

« Ce que nous voulons, ce n’est pas déplacer, c’est tuer le privilège »

Egalité citoyenne, un envoi de Ne pas plier Reçu hier un envoi du collectif Ne pas plier ; découvert aujourd’hui deux autocollants (Egalité citoyenne : égalité des droits entre les femmes et les hommes) et un extrait du rapport fait par Hubertine Auclert au troisième congrès national ouvrier à Marseille, du 20 au 31 octobre 1879 ; rendez-vous demain lundi 8 mars 2010 à 18 heures à Paris, à l’angle de la rue des Immeubles industriels et de la rue du Faubourg Saint-Antoine, sur le parcours de la manifestation pour les droits des femmes, afin de distribuer, ou de partager, l’image (*).

« Passe à ta voisine, passe à ton voisin », est-il tamponné sur l’enveloppe. Bon alors, d’accord.

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jeudi 25 février 2010

A la recherche d’une forme simple, humaine, persuasive

Spéciale dédicace à quelques ouvrières
de la maroquinerie Hermès
de Bogny-sur-Meuse,
dans ces Ardennes
que le communard chansonnier
Jean-Baptiste Clément a arpentées
pendant les années 1885-1894
pour y allumer la flamme
du socialisme révolutionnaire
et où, au bout du compte,
il aura, hélas !, reçu
plus de cailloux que de roses.

Citoyennes et citoyens,

Mon but, en annonçant d’avance les sujets que je traiterai, est d’inviter les travailleurs - ces exploités et ces victimes de la féodalité moderne - à être mes collaborateurs en me communiquant leur sentiment, leur opinion, en me disant ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont souffert, pour dresser ensemble le dossier des capitalistes, des exploiteurs, des parasites, et constituer ainsi les archives saignantes du Prolétariat.

Buste de Jean-Baptiste Clément, Nouzonville (Ardennes), photo de Thomas Lemahieu N’étant pas un doctrinaire, et voulant surtout faire œuvre de propagandiste en restant à la portée de tous par une forme simple, humaine, persuasive, reposant sur des arguments sérieux et des preuves irréfutables, me croyant, en outre, en raison du prix et du but de cette publication, à l’abri de tout soupçon de lucre et de vanité, je fais appel aux Citoyens dévoués et je leur demande de m’aider à propager ces brochures parmi nos camarades de travail, à qui nous ne saurions trop répéter : Qu’ils ne sont aux prises avec la misère que parce qu’ils sont victimes des injustices sociales, et qu’il ne tient qu’à eux de les faire disparaître.

Salut et Égalité,

J.-B. Clément

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