Humaginaire.net : pour un nouvel imaginaire politique (chantier)

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Paru dans l'Huma

Fil des billets

samedi 29 juillet 2017

À Thiers, Grapus se retrouve le couteau entre les dents

Expo Grapus été 2017 à Thiers

Pour la première fois depuis la dissolution du groupe qui a révolutionné le graphisme en France et dans le monde, une exposition présente une centaine de leurs images. L’occasion de constater qu’elles n’ont rien perdu de leur tranchant. 



C’était mieux demain, disait Grapus. Mais ça a bien failli ne pas arriver…Depuis combien de temps n’y avait-il pas eu pas d’exposition des affiches, des journaux et des autocollants créés, entre 1970 et 1990, par le collectif français de graphistes militants en particulier, communistes en général ? Des lustres, sans aucun doute ; la fin des années 1980, peut-être. Depuis, à l’évidence, la séparation, dans la douleur, du groupe qui avait comme gelé pour toujours l’héritage.

Lire la suite...

mardi 06 décembre 2011

Les doléances de la France populaire, une série dans l'Huma

Depuis le 28 novembre, l'Humanité publie, en pages centrales, du lundi au mercredi une série de reportages et d'enquêtes intitulées de façon générique "Portrait de la France populaire". Il s'agit de donner à voir les invisibles, de recenser leurs doléances et leurs histoires. Pour les photographies, le quotidien a choisi de s'inspirer du mouvement assez fascinant des 99% aux Etats-Unis dont nous avons parlé ici.

Double centrale, l'Huma du mercredi 7 décembre 2011

L'épisode de demain constitue, en quelque sorte, le prolongement d'un autre billet de ce blog.

A lire et à voir, du lundi au mercredi, dans l'Humanité, et cela, jusqu'à nouvel ordre!

mercredi 20 juillet 2011

Gênes, 20 juillet 2011, 17h27, dix ans sans Carlo ni justice

« Archiviato ». En italien, ça claque comme un coup de balai, une injonction : Aux archives! En français, on dit non-lieu, et ce n’est guère mieux : il ne s’est rien passé le 20 juillet 2001, à 17h27, sur la Piazza Alimonda, à Gênes. Depuis le milieu de cette journée, il y a dix ans exactement, les bataillons de police et de gendarmerie, pas pressés de contenir le black block mais fanatisés par l’hystérie alarmiste du gouvernement Berlusconi et des médias dominants en Italie, attaquent systématiquement les manifestants anti-G8 sur les parcours autorisés. Charges violentes, matraquages et déjà, quelques tirs à balle réelle, en l’air. A 17h27, sur la Piazza Alimonda, un ragazzo, un jeune homme de 23 ans, tombe à terre, touché en pleine tête par une des deux ballées tirées par un gendarme posté dans une jeep. Il s’appelle Carlo Giuliani. Et, pour la magistrature génoise qui a prononcé le non-lieu dès mai 2003, le gendarme était en état de légitime défense et, en plus, le projectile a été détourné par une pierre lancée pendant les heurts.

Photomontage de Gérard Paris-Clavel, à partir d'une image de Meyer (Tendance Floue), archives de Ne pas plier

Dix ans après le contre-G8 de Gênes, derrière l’abjection judiciaire, la justice n’a pas été faite, et la vérité n’a pas été établie. Un mort, de dizaines de manifestants arrêtés et maltraités dans les casernes, des centaines de blessés… Les artisans de ce massacre, policiers, militaires et politiques, n’ont pas été inquiétés, mais promus. Mais il y a une Italie qui n’oublie pas. Elle se retrouve à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche dans le grand port ligure pour manifester et continuer la lutte. Dans ce pays-là, une trentaine d’écrivains viennent de donner chacun un récit sur et autour de Gênes pour un ouvrage collectif (Per sempre ragazzo, sous la direction de Paola Staccioli, Marco Tropea editore, 10 euros) au bénéfice du comité Piazza Carlo Giuliani qui rassemble les parents et les amis du jeune homme. L’Humanité a proposé à trois de ces auteurs, Lidia Ravera, Valerio Evangelisti et Roberto Ferrucci, de publier leurs textes en français. Ils sont assez différents les uns des autres, vous allez voir...

Je n'oublie pas Carlo Giuliani, autocollant conçu par Ne pas plier pour le Forum social européen de 2003

Lire la suite...

jeudi 26 mai 2011

Que demande le peuple, le cahier de doléances de Vierzon

Extrait du 4 pages Humaginaires, interventions graphiques par l'Atelier Formes Vives

Mais quoi, encore ? Voici un cahier de doléances. C’est ce qui vient. Ce qui sort comme ça. Ça a mauvaise presse, les doléances, souvent : on entend récriminations, du criminel dans l’air, ou pleurnicheries, des sanglots dans la gorge. On n’est pas en 1789 : si on rebouche le trou sur mon trottoir, ah, ça ira ! Et pourtant. Ces mots sont ceux qui émergent spontanément quand des citoyens se mettent en tête de parler. Ce n’est pas rien. Parler d'eux, de ce qui n'est plus supportable. Parler de qui doit changer pour tous. Prises de bec, petits tas de colères et de douleurs, mais pas que.

Un cahier de doléances, donc. Il a été élaboré ces dernières semaines, avec douze femmes et hommes, à Vierzon, dans le Cher. C'est là, ça aurait pu être ailleurs – à votre tour de tambouriner ! Et dans ce concert, Sophie Wahnich, historienne de la Révolution française, pointe les armes dans la voix. Il existe une parole populaire qui, directe, éclabousse tantôt comme de la lave, tantôt comme une larme. Ce sont des plaintes individuelles qui cherchent une issue collective, encore et encore, malgré tout. Qu'est-ce qui crie du peuple ? Il y a aussi des brèches dans les existences, mais qui les dénonce ? Qui cherche à les combler ? Tous ces trous partout, une vraie passoire : c'est la politique qui est vidée, alors ? Rien de sûr, car, voilà, ce sont des doléances, elles composent un cahier, et ce sont les vies qui, à travers les affects et les mots, retournent au politique. Ce n’est pas rien, non. Que demande le peuple !

Lire la suite...

mercredi 25 mai 2011

Voix, doléances, slogans, par Sophie Wahnich

La voix, c’est du corps. Mais un corps qui se fait oublier dès que l’articulation des paroles advient. La voix est du côté de l’inarticulé, du cri ou du silence consterné, consternation qui ne trouverait plus de mots. Mais la voix, c’est aussi le chant de sirènes qui peuvent vous perdre quand elle est au cœur de l’identification à des leaders monstrueux qui savent, comme on dit, donner de la voix pour flatter un auditoire prêt à se ruer sur tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à de l’étranger, de la menace imaginaire. La voix, c’est encore celle du commandeur qui dit la loi.

En démocratie, le commandeur, c’est le peuple, dit-on. Une crainte rôde. Comment s’assurer de ne pas voir le peuple transformé en jouet par des manipulateurs ventriloques. Bascule démagogique. Avec la Révolution française, cette voix du peuple était pourtant devenue sacrée, et ne pouvait pas être tribun du peuple qui voulait. Double oscillation de la voix, entre corps et sens, entre abjection de la foule tueuse et sublimation de la loi juste.

Lorsqu’on ouvre un cahier de doléances, on rencontre des énoncés de misère vécue, des plaintes, des espoirs. Derrière les mots, ce serait comme une voix plaintive qui serait là sous le texte, comme ces morts qu’il faut réveiller dans l’histoire de Michelet. Les doléances réveillent des voix et proposent un premier déplacement du corps au logos, une politique à l’état naissant du côté de l’écriture ou de l’oralité transcrite, du modèle recopié mais transfiguré. La plainte, le deuil, la doléance inventent une langue qui loin d’effacer la voix comme objet réel, proposerait les motifs capables de la rendre plus présente, de la faire entendre et de faire sentir ce que le peuple a senti. La doléance redonnerait ainsi par un double mouvement sa voix au peuple.

Lire la suite...

Dans la foulée du Tambour des doléances

« (...) De quelle autorité parle la doléance ? De l’autorité de l’épreuve des jours, de l’autorité d’une connaissance qui serait nouée à cette épreuve sensible constante qui affecte les corps pensants, une connaissance qui reste insoupçonnée malgré la fatigue, la répétition, malgré le poids du déni, malgré l’information qui nous bombarde, malgré les écrans qui nous accaparent, une connaissance par rencontre des corps, connaissance de soi, connaissance de l’autre, connaissance du monde, qui n’a rien de virtuelle. Elle est souvent arc-boutée au travail, à des bribes de savoir, à des lectures, à des histoires, à des mots qui s’échangent, malgré tout quand il reste encore un peu de disponibilité pour écouter, tendre l’oreille, une oreille curieuse ou compatissante, une oreille rêveuse ou maussade, une oreille attentive.

C’est alors l’intimité du sentiment de la justice et de l’injustice qui permet à quiconque de déplacer l’impossible, d’interpréter les situations politiques et d’agir sur elles en se référant à la nécessité de résister à l’oppression. Le lien politique amical consiste ici à tenter de traduire des expériences sensibles à l’égard du juste et de l’injuste. Il nous semble juste de dire nos doléances pour produire la liberté politique dans un processus qui arrache les corps souffrants à leur condition et faire en sorte que chaque citoyen soit vraiment convoqué à participer à l’élaboration de la loi comme bien commun. (…) »

Extrait de l'appel du Tambour des doléances. Venez tambouriner avec nous !

A lire aussi: Que demande le peuple, le cahier de doléances de Vierzon et Voix, doléances, slogans, par Sophie Wahnich A voir: la mise en forme du quatre pages réalisée par Nicolas Filloque et Adrien Zammit de l’Atelier Formes Vives. Les trois images illustrant cette édition électronique en sont extraites. Et, enfin, à relire ou à revoir: Révolution, remettre les pendules à l'heure, par Sophie Wahnich et Formes Vives, une double page publiée dans l'Huma le 13 juillet 2010.

mardi 24 mai 2011

A vos kiosques, citoyens !

Que demande le peuple, cahier Humaginaire page 1, 24 mai 2011

Page à cliquer

Que demande le peuple, cahier Humaginaire pages 2 et 3, 24 mai 2011

Pages à cliquer

Que demande le peuple, cahier Humaginaire page 4, 24 mai 2011

Page à cliquer

Sur l'antenne de France Inter, ce matin :

« (...) Patrick Cohen : Les Espagnols peuvent-ils inspirer les Français ?

Bruno Duvic : Après tout, ce nom d' "indignés", qu'ils se sont donnés, est inspiré du livre de Stéphane Hessel. Pour l'instant, ça ne bouge pas vraiment. Mais quand on sollicite la parole, on entend bien un malaise.

L'Humanité a demandé à 12 habitants de Vierzon dans le Cher, de rédiger un cahier de doléances, comme avant la Révolution Française. Les 12 ne représentent qu'eux-mêmes, mais leurs voix résonnent...

Extrait : "J'ai à peine 40 ans, et dans ma génération, on n'a jamais connu une politique qui soit vraiment désirable"...

Extrait encore : "Depuis que je suis à la SNCF, je n'ai connu que des luttes pour ne pas perdre, jamais pour gagner quelque chose vraiment"...

Extrait enfin : "J'aimerais bien m'installer dans une petite maison avec ma copine, mais ce n'est pas simple quand on est intérimaire. Comment faire des projets ? J'ai 32 ans, ce n'est plus si jeune quand même."

Comment répondre à ces attentes dans le contexte économique actuel ?

Des témoignages de cette nature, on en lit presque tous les jours dans la presse. Tous les jours aussi, ils se fracassent contre un mur. (...) »

QUE DEMANDE LE PEUPLE, le cahier de doléances de Vierzon, avec douze citoyens (Adrienne Bonnet, Gérard Caquais, Mickaël Coeurjoli, Mohamed Farhan, Vincent Faucheux, Fabien Lathierre, Mounire Lyame, Fabienne Montigny, Manu Neveu, Corinne Ollivier, Valérie Portebois et X.), l'historienne Sophie Wahnich et les graphistes de Formes Vives. Le 4 pages est disponible dans l'édition de l'Huma d'aujourd'hui. Il peut être prolongé sur ce blog comme sur le site du Tambour des doléances.

A lire aussi, en version texte, Que demande le peuple, le cahier de doléances de Vierzon ; Voix, slogans, doléances, un texte de Sophie Wahnich, un extrait de l’appel du Tambour des doléances qui recueille et publie des doléances de tous les horizons depuis l’automne.

mercredi 23 février 2011

Mettez deux sociologues dans votre moteur de l'histoire

Rien n’est plus actuel pour les riches que la lutte des classes – mouvement reconductible ! Quand, pour les autres, elle serait tombée en désuétude – obsolète ! Sociologues chez les dominants, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon courent le pays depuis des mois, appelant à sortir les classes de la casse… Et, vous allez voir, c’est pas triste !

Avec les Pinçon, au cloître Dewailly à Amiens, photo de Pierre Pytkowicz

Les classes sociales ont disparu, n’est-ce pas ? Le 14 janvier dernier, à l’université Paris-Dauphine, à l’occasion d’un colloque de sociologie organisé en l’honneur de Monique Pinçon-Charlot et de Michel Pinçon, c’est une aristo qui se gausse de nos atermoiements. « Quand on veut employer cette expression « classes sociales », on s’affiche comme marxiste, c’est très réducteur, regrette Valentine de Ganay. Le contenu de ces mots est encore là, il est intéressant d’analyser les mécanismes sociaux… » Sourires pincés dans le public de chercheurs. Pas de blague, c’est du social nu comme un ver : les riches savent changer l’aplomb en or. « Non, non, les classes sociales n’existent plus, poursuit à gorge déployée l’héritière du château de Courances (Essonne). Mais ça, mais c’est une farce spectaculaire ! »

Pendant le mouvement sur les retraites, les manifestants ont, un peu partout dans le pays, arboré sur leurs corps un autocollant diffusé par l’association Ne pas plier. « Je lutte des classes », ont-ils affirmé un à un, par dizaines de milliers. Au même moment, les Pinçon, arpenteurs affûtés des ghettos du gotha depuis près de vingt-cinq ans, publiaient le Président des riches (Zones/La Découverte, septembre 2010, 14 euros). Six mois plus tard, l’ouvrage passe aujourd’hui les 100.000 exemplaires vendus. « On s’attendait à un silence absolu, on s’était programmé une petite croisière à Malte, plaisante Monique. Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé… Depuis la sortie du livre, nous sommes deux pauvres loques crevées qui parcourent le pays ! » Devant des salles archicombles, les deux sociologues de la domination, que nous avons accompagnés pendant une dizaine de jours, appellent, au-delà de la description précise de l’oligarchie au pouvoir, à restituer l’intelligibilité des rapports de classe. De Charleville à Douarnenez, de Chambéry à Rouen, le mouvement reste souterrain peut-être, mais c’est une lame de fond : elle est bientôt finie, cette nuit du Fouquet’s.

Lire la suite...

Cahier Humaginaire, avec Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon et Gérard Paris-Clavel

Humaginaire, L'Huma du 22 février 2011, page 1

Humaginaire, L'Huma du 22 février 2011, page 2

Humaginaire, L'Huma du 22 février 2011, page 3

Humaginaire, L'Huma du 22 février 2011, page 4

Cahier de quatre pages Humaginaire publié dans l'édition du 22 février 2011 de l'Humanité.

Le quatre pages Humaginaire en pdf

lundi 06 septembre 2010

Demain, je lutte des classes

A l'occasion des mobilisations du 7 septembre, l'Humanité s'associe au collectif Ne pas plier pour diffuser dans tout le pays « JE LUTTE DES CLASSES ». L'image occupera toute la dernière page de l'édition de mardi, offerte à tous les usages des lecteurs et des manifestants...

JE LUTTE DES CLASSES, une image créée par l'association Ne pas plier

Lire la suite...

mardi 13 juillet 2010

Révolution: remettre les pendules à l'heure en douze points, par Sophie Wahnich et Formes Vives

Révolution: remettre les pendules à l'heure en douze points, double page composée par Sophie Wahnich, Nicolas Filloque et Adrien Zammit, l'Humanité du 13 juillet 2010

Révolution: remettre les pendules à l'heure en douze points, double page composée par Sophie Wahnich, Nicolas Filloque et Adrien Zammit, l'Humanité du 13 juillet 2010

Ça va être notre fête, c’est sûr ! Le 14 juillet, avec son défilé militaire et, nous promet-on, sans garden-party… Mais, en toile de fond, le train-train de mesures d’austérité. En complicité avec Nicolas Filloque et Adrien Zammit, les deux graphistes du collectif Formes Vives, l’historienne Sophie Wahnich, auteur, notamment, des Émotions, la Révolution française et le présent : exercices pratiques de conscience historique (CNRS Éditions, 2009), plante aujourd’hui dans l’Humanité un arbre de la liberté. Cette bouture exceptionnelle pour un nouvel imaginaire politique peut être discutée sur www.humaginaire.net

Lire la suite...

samedi 09 janvier 2010

Quelles formes donner à nos luttes aujourd'hui?

Discussion sauvage, dans la rue et dans les textes, avec l'écrivain John Berger, le métallo Jean-François Caré, le graphiste Gérard Paris-Clavel, le sociologue Franck Poupeau et l'historienne Sophie Wahnich.

Double page parue dans l'Huma du 9 janvier 2010

Du 21 au 31 décembre 2009, l’Humanité a invité le graphiste Gérard Paris-Clavel, pilier de Grapus hier et du collectif Ne pas plier aujourd’hui, à publier un feuilleton intitulé le travail de l’image. Ces huit pages, encore visibles sur notre site Internet, lancent une invitation à ouvrir, ici et ailleurs, un chantier pour un nouvel imaginaire politique.

On connaît le refrain, aucune chanson ne peut changer le monde, mais une image, alors ? Question saugrenue ? Voire ! Manifestement, cette expression inattendue, véritable pli dans les formes traditionnelles d’un journal comme l’Humanité, peut déjà aiguiser l’appétit. Il y a là quelque chose de physique, qui encourage ensuite à passer à l’acte, intime et collectif. Avec leurs formes interrogatives et heureuses, les images appellent à écarquiller les yeux, à remettre du sens dans nos regards. Et ça n’est pas le moindre des résultats, à prendre du plaisir. « Nous avons besoin de ces révélateurs que sont les mots, les images qui font mouche, sourires et gravité mêlés », écrit l’un de nos lecteurs. Un autre interpelle : « Il ne faudrait pas grand-chose pour que l’on se remette à imaginer notre vie. Art et conscience politique, eh bien, ma foi, cela faisait longtemps que l’on s’était habitué à un autre régime ! »

Attention, fragile et foutraque ! Un bon fond mérite une bonne forme, et vice versa ! Nous avons voulu prolonger le travail engagé à travers cette discussion sauvage réalisée à partir d’une rencontre avec un « usager » des images, le syndicaliste Jean- François Caré, d’échanges avec Gérard Paris-Clavel et le sociologue Franck Poupeau, tous deux membres du collectif Ne pas plier, et de contacts avec les textes de l’écrivain John Berger et de l’historienne Sophie Wahnich. Registre de l’écho et des affinités, discussion ouverte comme une image. Et le chantier reste en chantier. Chacun y vient avec ses outils, ses émotions, son savoir des luttes, ses désirs. Tout de plus, rien de moins.

Lire la suite...

jeudi 31 décembre 2009

Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: Le marché de l'art (8/8)

Le travail de l'image (8/8), par Gérard Paris-Clavel L’art est un travail. Il se situe comme tout travail dans un rapport social de production. On a fait croire aux artistes qu’ils étaient au-dessus de tout ça, dans l’éther de la création. Et voilà qu’aujourd’hui, dans les écoles d’arts dépolitisées, on apprend aux artistes à se vendre plutôt qu’à se réaliser. Le travail de l’art et l’art de vivre doivent se rencontrer. Pour y arriver, il faut repenser les modes de diffusion.

Lire la suite...

mercredi 30 décembre 2009

Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: Zone art (7/8)

Le travail de l'image (7/8), par Gérard Paris-Clavel Au feu, chaud-chaud-chaud ! On n’éteindra pas l’incendie en se crachant dessus les uns les autres, on ne pansera pas les blessures avec des sparadraps caritatifs. Les écoles politiques ont disparu ; celles de la citoyenneté n’ont jamais vu le jour dans les villes, les Restos du Cœur ne désemplissent pas et la culture du cœur pointe sa démagogie.

Lire la suite...

mardi 29 décembre 2009

Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: Le moindre mal n'est pas un bien (6/8)

Le travail de l'image (6/8), par Gérard Paris-Clavel « Tout concourt, dans les enquêtes dites « d’opinion », à faire produire des réponses à des questions qui sont assimilées à tort à des opinions, décrit Patrick Champagne. C’est dire aussi que ce que les instituts de sondage appellent « opinion publique » est en grande partie le produit de leur méthode d’enquête : c’est, le plus souvent, un artefact résultant de l’addition mécanique de réponses qui se présentent comme formellement identiques, masquant par là non seulement l’irréalisme d’une partie plus ou moins grande de réponses recueillies (il faudrait plutôt dire extorquées), mais aussi le fait que, dans le monde social, toutes les opinions ne se valent pas, le poids d’une opinion étant dans la réalité fonction du poids proprement social de celui qui l’émet. »

Lire la suite...

lundi 28 décembre 2009

Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: Dans la gueule ou dans la poche (5/8)

Le travail de l'image (5/8), par Gérard Paris-Clavel Elle n’est pas périmée, archaïque, caduque, antédiluvienne ou obsolète. Les manœuvres sont en cours, le moteur de l’Histoire rugit encore. Deuxième fortune mondiale selon le classement annuel de Forbes, le multimilliardaire spéculateur américain Warren Buffett nous le dit très platement : « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. »

Lire la suite...

jeudi 24 décembre 2009

Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: La ville est à nous (4/8)

Le travail de l'image (4/8), par Gérard Paris-Clavel « Mais enfin, qu’est-ce que vous voulez ? », interrogent parfois des élus, la main sur le larfeuille pour acheter la paix sociale. Les pouvoirs développe le communautarisme et le caritatif, quand nous essayons d’étendre le collectif social, riche de ses différences, et les solidarités politiques. Ma ville est un monde et nos vies s’y mélangent. Habitants des quartiers pleins de sens, et pas « sensibles » au sens policier, nous n’en pouvons plus d’être interrogés sans jamais être entendus, comme confinés dans un particularisme coupé des questions globales. Nous devons nous affirmer non plus comme des citadins passifs, mais comme des citoyens, des citoyennes qui participent au conflit social sur nos lieux de travail, mais aussi là où nous habitons.

Lire la suite...

mercredi 23 décembre 2009

Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: Piéton de la ville (3/8)

Le travail de l'image (3/8), par Gérard Paris-Clavel « Dans nos villes, tous les jours, nous voyons des centaines d’images publicitaires, constatait déjà John Berger dans Voir le voir en 1972. Aucune autre catégorie d’image ne nous agresse avec autant d’insistance. L’histoire n’offre aucun autre exemple de société présentant une telle concentration d’images et une telle densité de messages visuels. Nous pouvons nous souvenir de ces messages ou les oublier, mais nous les percevons brièvement, et pendant un instant, ils stimulent notre imagination, soit par la mémoire, soit par les aspirations qu’ils engendrent. »

Lire la suite...

mardi 22 décembre 2009

Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: De la suite dans les idées (2/8)

Le travail de l'image (2/8), par Gérard Paris-Clavel Contre le révisionnisme étatique actuel, il faut sans cesse rappeler les conditions historiques et sociales qui fondent une action, qui sont à l’origine d’une situation. L’Histoire, c’est du quotidien ; elle doit être inscrite dans la vie courante. L’utopie ne peut se reconstruire que sur la mémoire de toutes les luttes inachevées. Inachevées, car elles se prolongent dans le temps. Nous voulons les accompagner dans la durée.

Lire la suite...

lundi 21 décembre 2009

Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: Je lutte des classes (1/8)

Le travail de l'image (1/8)C’est la merde, on a compris. Le capitalisme nous ensevelit sous les signes de sa domination. Il désincarne, nous sépare des autres et de nous-mêmes. Il nous place dans une immédiateté sans passé ni futur, sans causes ni conséquences, coupés du monde et de l’histoire. Ses divertissements mercantiles et sa religion publicitaire visent à accumuler les profits, mais aussi à nous écraser dans le mur du fatalisme. Vendu aux marchands du bonheur conforme, l’espace public se restreint chaque jour un peu plus. Cette guerre nous a volé nos langues et nos sens : on parle des « exclus » à la place des « exploités », et les classes ont fini à la casse, serinent les experts télégéniques. Avec le concours de ses domestiques, le capitalisme s’acharne à coloniser nos rêves.

Lire la suite...