Spéciale dédicace à quelques ouvrières
de la maroquinerie Hermès de
Bogny-sur-Meuse, dans ces
Ardennes que le communard
chansonnier Jean-Baptiste Clément a
arpentées pendant les années
1885-1894 pour y allumer la
flamme du socialisme
révolutionnaire et où, au bout du
compte, il aura, hélas !, reçu
plus de cailloux que de roses.
Citoyennes et citoyens,
Mon but, en annonçant d’avance les sujets que je traiterai, est d’inviter les travailleurs - ces exploités et ces victimes de la féodalité moderne - à être mes collaborateurs en me communiquant leur sentiment, leur opinion, en me disant ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont souffert, pour dresser ensemble le dossier des capitalistes, des exploiteurs, des parasites, et constituer ainsi les archives saignantes du Prolétariat.
N’étant pas un doctrinaire, et voulant surtout faire œuvre de propagandiste en
restant à la portée de tous par une forme simple, humaine, persuasive, reposant
sur des arguments sérieux et des preuves irréfutables, me croyant, en outre, en
raison du prix et du but de cette publication, à l’abri de tout soupçon de
lucre et de vanité, je fais appel aux Citoyens dévoués et je leur demande de
m’aider à propager ces brochures parmi nos camarades de travail, à qui nous ne
saurions trop répéter : Qu’ils ne sont aux prises avec la misère que
parce qu’ils sont victimes des injustices sociales, et qu’il ne tient qu’à eux
de les faire disparaître.
Salut et Égalité,
J.-B. Clément









