Humaginaire.net : pour un nouvel imaginaire politique (chantier)

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 14 mai 2011

Pour une résistance concertée, mais aussi conflictualisée

Dans le Monde daté dimanche-lundi, l'historienne Sophie Wahnich, avec qui je prépare la publication pour le 24 mai (sous réserve) d'un cahier de doléances de 4 pages Humaginaire dans l'Huma, publie un texte - son titre original était Conflictualiser la référence à la résistance - qui paraît agressif, cruel aux yeux des organisateurs du rassemblement des Glières. Après que l'intellectuelle a accompagné un temps le processus des Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui (CRHA), le texte a fait grand bruit en Haute-Savoie, au moment même où quelques grandes figures de la Résistance rendent public l'appel de Thorens-Glières. Il mérite pourtant, à mes yeux, d'être lu et discuté parce qu'il éclaire des limites d'une démarche qui, certes, rassemble massivement - il y avait, ce samedi, d'après les gendarmes, plus de 3.000 personnes dans le petit patelin haut-savoyard pour écouter quelques bons clients comme Xavier Mathieu, Frédéric Lordon ou Daniel Mermet, et les participants pourraient bien être trois fois plus nombreux ce dimanche sur le plateau des Glières -, mais qui court aussi le risque de se heurter à un mur, faute de chercher des formes d'expression et un nouvel imaginaire politique pour le XXIe siècle.

Sur le parking de la salle Tom Morel, à Thorens-Glières, photo de Thomas Lemahieu

Avec une douloureuse ironie, à l'ouverture du forum des résistances de Thorens-Glières, c'est un appel, écrit en bonne partie par Sophie Wahnich et très légèrement remanié, qui a été lu par les organisateurs. Afin de faciliter la compréhension des débats en cours, j'en livre ci-dessous la version qu'elle m'a faite parvenir vendredi...

Lire la suite...

vendredi 13 mai 2011

De quels mots aventureux sommes-nous accompagnés ?

« Depuis la Libération et avec l'arrivée, à la fois intrusive et discrète mais efficace, du libéralisme (mot qui ne veut jamais avouer son intensité idéologique), l'individualisation des êtres, la parcellisation de l'actualité, transmise à la télévision en situations aussi singulières que rarement interprétées à travers une analyse qui leur donnerait un sens éventuellement collectif, ont atomisé la réalité sociale et favorisé l'arrivée d'un vocabulaire cherchant le consensus, avant même une esquisse de la - ou des - vérité(s). Les mots employés dans les médias comme dans le discours des politiques ou de la plupart des savants ne sont plus des mots offensifs, chargé de nommer avec acuité un réel détérioré, dégradé, mais des mots paravents, des mots gélatines qui semblent avoir deux missions principales. Le mot gélatine est celui qui englue le réel dans des périphrases anesthésiantes ; son autre particularité est de transmettre non le réel, mais son illusion, comme au théâtre on dit en jargon de métier que sur une scène les gélatines parviennent à créer l'illusion du réel, alors que le décor reste le même.

« Liberté ou la mort » : c'était un tract collé sur les murs en 1942. Les Renseignements généraux s'en étaient emparés. Qui s'exprimerait aujourd'hui ainsi sans faire sourire ? Bien entendu, nous savons que la situation n'est pas la même. Pourtant, il faut imaginer quels furent, en 1940, l'incroyable énergie et l'espoir de ceux qui décidèrent, en dépit d'un rapport de forces invraisemblable, de quitter métier et famille pour ce qui aurait pu raisonnablement s'appeler de l'utopie. Certes, les convictions des hommes et des mots les ont accompagnés. Mais aujourd'hui, de quels mots aventureux et forts, révoltés ou indignés, sommes-nous accompagnés pour accomplir des départs sans doute plus symboliques, mais tout aussi exigeants ? »

Arlette Farge et Michel Chaumont, Les mots pour résister, voyage de notre vocabulaire politique de la Résistance à aujourd'hui, éditions Bayard, Paris, 2005.

Au pied du maquis, photo de Thomas Lemahieu

Ce week-end, l'association Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui (CRHA) organise un forum des résistances et le traditionnel rassemblement sur le plateau des Glières (Haute-Savoie). L'Huma a publié hier une double page enquête sur le rôle de CRHA, son histoire et ses intentions ; nous serons en direct, samedi et dimanche, sur ce blog et sur le site du journal.

lundi 28 février 2011

Sauvagerie

Il y a cette phrase qui tourne dans la tête. Elle figure dans le dossier d’ouverture du Nouvel Observateur de cette semaine, consacré à l’incroyable succès de Stéphane Hessel. C’est Christophe, ouvrier, qui confie à la journaliste chargée d’aller voir quelques atomes isolés parmi les 1,2 million de lecteurs d’Indignez-vous ! : « Qu’il reste une étoile lointaine à peine visible, cela me suffit, ça m’évite de sentir la sauvagerie de ma classe qui remonte au fond de moi. » Voilà ce qu’il confie, Christophe, ouvrier, à l’hebdomadaire. L’assertion est étrange, vous ne trouvez pas ?

Lire la suite...

Entrée libre

« UTOPISTE DEBOUT », « RÊVE GÉNÉRALE », « JE LUTTE DES CLASSES »... Qui n’a pas déjà été confronté à ces signifiants papillons autocollants ? Arborés au cours d’une manifestation, placardés sur un mur ou sur le mobilier urbain, ces messages interpellent le regard et marquent les esprits. Là où d’autres graphistes mettent la force du signe au service du marketing et de la consommation, Gérard Paris-Clavel affirme que le graphisme peut et doit contribuer aux luttes pour la transformation sociale. Avec l’association Ne Pas Plier, ce graphiste lutte pour qu’aux signes de la misère ne vienne pas s’ajouter la misère des signes. Comment les images s’inscrivent-elles dans l’espace public ? Quel est leur sens politique ? Les images peuvent-elles effectivement transformer notre rapport au monde ?

Rendez-vous le vendredi 4 mars 2011, 19h-21h, à la Sorbonne (amphi de gestion, 1, rue Victor Cousin, 75005 Paris), dans le cadre d'un cycle de rencontres-débats et d’expériences singulières proposé par le Master Projets Culturels dans l’Espace Public Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Entrée libre sur inscription.

mercredi 23 février 2011

Mettez deux sociologues dans votre moteur de l'histoire

Rien n’est plus actuel pour les riches que la lutte des classes – mouvement reconductible ! Quand, pour les autres, elle serait tombée en désuétude – obsolète ! Sociologues chez les dominants, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon courent le pays depuis des mois, appelant à sortir les classes de la casse… Et, vous allez voir, c’est pas triste !

Avec les Pinçon, au cloître Dewailly à Amiens, photo de Pierre Pytkowicz

Les classes sociales ont disparu, n’est-ce pas ? Le 14 janvier dernier, à l’université Paris-Dauphine, à l’occasion d’un colloque de sociologie organisé en l’honneur de Monique Pinçon-Charlot et de Michel Pinçon, c’est une aristo qui se gausse de nos atermoiements. « Quand on veut employer cette expression « classes sociales », on s’affiche comme marxiste, c’est très réducteur, regrette Valentine de Ganay. Le contenu de ces mots est encore là, il est intéressant d’analyser les mécanismes sociaux… » Sourires pincés dans le public de chercheurs. Pas de blague, c’est du social nu comme un ver : les riches savent changer l’aplomb en or. « Non, non, les classes sociales n’existent plus, poursuit à gorge déployée l’héritière du château de Courances (Essonne). Mais ça, mais c’est une farce spectaculaire ! »

Pendant le mouvement sur les retraites, les manifestants ont, un peu partout dans le pays, arboré sur leurs corps un autocollant diffusé par l’association Ne pas plier. « Je lutte des classes », ont-ils affirmé un à un, par dizaines de milliers. Au même moment, les Pinçon, arpenteurs affûtés des ghettos du gotha depuis près de vingt-cinq ans, publiaient le Président des riches (Zones/La Découverte, septembre 2010, 14 euros). Six mois plus tard, l’ouvrage passe aujourd’hui les 100.000 exemplaires vendus. « On s’attendait à un silence absolu, on s’était programmé une petite croisière à Malte, plaisante Monique. Mais ce n’est pas du tout ce qui s’est passé… Depuis la sortie du livre, nous sommes deux pauvres loques crevées qui parcourent le pays ! » Devant des salles archicombles, les deux sociologues de la domination, que nous avons accompagnés pendant une dizaine de jours, appellent, au-delà de la description précise de l’oligarchie au pouvoir, à restituer l’intelligibilité des rapports de classe. De Charleville à Douarnenez, de Chambéry à Rouen, le mouvement reste souterrain peut-être, mais c’est une lame de fond : elle est bientôt finie, cette nuit du Fouquet’s.

Lire la suite...

Cahier Humaginaire, avec Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon et Gérard Paris-Clavel

Humaginaire, L'Huma du 22 février 2011, page 1

Humaginaire, L'Huma du 22 février 2011, page 2

Humaginaire, L'Huma du 22 février 2011, page 3

Humaginaire, L'Huma du 22 février 2011, page 4

Cahier de quatre pages Humaginaire publié dans l'édition du 22 février 2011 de l'Humanité.

Le quatre pages Humaginaire en pdf

mardi 22 février 2011

C'est pour aujourd'hui, pas pour demain

Plongé dans Humaginaire, le 22 février 2011

Mardi 22 février, à lire dans l’Huma un cahier de quatre pages Humaginaire, pour remettre les idées en mouvement, avec Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon, Gérard Paris-Clavel et nous tous, parce que c’est à nous de jouer ! Merci Adrien ! Et la suite au prochain numéro, sans doute, fin mars-début avril...

lundi 21 février 2011

Au-delà de cette limite, la classe affaires est périmée

Réunis le 25 janvier dans les sous-sols de l’hôtel Méridien de la Porte Maillot (Paris, 16e arrondissement), les mécènes de l’UMP, les richissimes membres du désormais fameux Premier Cercle – merci, Eric Woerth ! –, ont eu la joie de voir débouler leur fondé de pouvoir, celui qui gère les affaires à l’Elysée, le président des riches lui-même. Qui la joue Capital, me voilà ! Littéralement. Le Canard enchaîné qui, il y a quelques semaines, rapporte cette scène livre au passage un extrait de son discours : « Moi, les journalistes ne m’aiment pas. On dit tout de suite que je suis un dictateur ! Alors voilà, à vous qui êtes mes amis, je vous l’annonce, je suis votre nouveau dictateur ! »

Depuis le mois de septembre, d’autres réunions se tiennent un peu partout dans le pays, elles rassemblent plus de monde, elles sont ouvertes à tous, on n’y optimise pas les impôts, on ne s’y blottit pas tous derrière le bouclier fiscal et on n’y fait pas les poches des participants. Ce sont des rencontres avec le couple de sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, auteurs notamment du Président des riches (Zones/La Découverte, 14 euros). Cet ouvrage, disponible en ligne, passera le cap des 100.000 exemplaires vendus, aujourd’hui, demain ou mercredi. Et chez l’éditeur, une petite fête se prépare, évidemment… En vérité, le triomphal succès des Pinçon a de quoi nous réjouir tous. Ajouté à la diffusion massive de « JE LUTTE DES CLASSES » dans les cortèges lors du mouvement contestant la contre-réforme des retraites, c’est un signe, peut-être, qu’au bout du bout, c’est bel et bien la fin de l’histoire qui est finie, qu’au-delà de cette limite, c’est la classe affaires qui est périmée. Face à l’oligarchie, les Pinçon lancent un appel à « réhabiliter un langage en termes de classes sociales », et il tinte aux oreilles d'un nombre croissant de citoyens. Réveil, reprise.

Demain, mardi 22 février, à lire dans l’Huma un cahier de quatre pages Humaginaire, pour remettre les idées en mouvement, avec Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon, Gérard Paris-Clavel et nous tous, parce que c’est à nous de jouer !

vendredi 18 février 2011

La frite ?

Ne dites pas à Antoine Bernheim, 87 ans, qu’il est retraité, il pense qu’il est chômeur et même SDF. Ex banquier d’affaires débarqué l’année dernière de la compagnie d’assurances italienne Generali, discret parrain, comme Claude Bébéar, du capitalisme français, longtemps mentor de Nicolas Sarkozy qui l’avait invité au Fouquet’s le 6 mai 2007 et, trois mois plus tard, fait grand-croix de la légion d’Honneur, l’homme traîne à présent son spleen entre Biarritz et Crans-Montana. Un vrai SDF, c’est lui qui le dit… Dans une biographie écrite par un journaliste des Echos et parue à la mi-janvier, Bernheim s’amuse de voir s’agiter le président des riches dont il a, se vante-t-il, longtemps « arrosé » le cabinet d’avocats d’affaires : « Nicolas ne veut pas donner l’impression d’être inféodé au grand capital. » Un peu plus loin, il glisse : « Sarkozy m’a mangé dans la main pendant vingt ans. Il a toujours eu des problèmes d’argent, il a un style de commandement totalement indigeste. » Le pépé flingueur du patronat se targue encore de « connaître DSK depuis des années », affiche la plus grande estime pour Jean Daniel, Jean-Marie Colombani et Jacques Delors, ne trouve enfin « pas complètement anormal » que Liliane Bettencourt, actionnaire de l'Oréal mais aussi de Nestlé, ait « quelques deniers en Suisse ».

Attention, attention ! Cela se confirme, dans l’Huma du mardi 22 février, il y aura un cahier de quatre pages Humaginaire, pour remettre nos idées en mouvement. Les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, que nous avons accompagnés dix jours dans leur tournée triomphale en France, appellent à verser notre huile de classe dans le moteur de l'Histoire. Et le graphiste Gérard Paris-Clavel leur fait écho en image.

mercredi 16 février 2011

Confits d'intérêts et avalés du capital

Dans le jargon patronal, on appelle bonnes pratiques un ensemble de mesures non contraignantes qui peuvent par exemple contribuer à repeindre en vert le capitalisme financiarisé le plus débridé et, dans le même temps, redorer les blasons de ceux qui les partagent dans leurs cercles ou leurs clubs. Après que, dans la foulée de la scène inaugurale de sa présidence au Fouquet's, Nicolas Sarkozy a joué le petit baigneur sur la Paloma de Vincent Bolloré, après que, sous la houlette de Patrice de Maistre, Liliane Bettencourt a embauché Florence Woerth, l'épouse d'Eric, ministre du Budget et trésorier de l'UMP, au moment où Michèle Alliot-Marie s'empêtre dans ses affaires familiales avec un ami patron tunisien proche du clan Ben Ali (lire l'Huma du 17 février), le Medef apporte sa pierre à l'édifice de moralisation de l'oligarchie ordinaire.

Lire la suite...

lundi 14 février 2011

Où s’entremêlent argent, boue et sang

« Du fait que l’aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l’Etat, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l’opinion publique dans les faits et par la presse, se reproduisaient, dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu’au café borgne, la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s’enrichir, non point par la production, mais par l’escamotage de la richesse d’autrui déjà existante, et se déchaînait, notamment aux sommets de la société bourgeoise, la manifestation des convoitises les plus malsaines et les plus déréglées, en conflit incessant avec les lois bourgeoises elles-mêmes, et dans lesquelles, tout naturellement, la richesse provenant du jeu cherche sa satisfaction, là où la jouissance devient crapuleuse, où s’entremêlent argent, boue et sang. L’aristocratie financière, dans son mode de gain comme dans ses jouissances, n’est autre chose que la résurrection du lumpenprolétariat dans les sommets de la société bourgeoise. »

Cet extrait des Luttes de classes en France (1848-1850) par Karl Marx n’a pas été lu, le vendredi 4 février 2011, au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), lors des ateliers du Forum, en présence de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon. Nicolas Foutrier, animateur de la soirée, en avait choisi un autre – excellent aussi ! Vous le retrouverez, et le reste, dans notre quatre pages Humaginaire à paraître la semaine prochaine dans l’Huma… Lire aussi M’as-tu-vu et La violence sociale, c’est dehors, et à suivre !

samedi 12 février 2011

M’as-tu-vu

« Je voudrais savoir quelle représentation ont les riches des classes populaires et moyennes ? » Dans le public, Florence se gratte la tête : « Parce que c’est quand même affreux ce qu’ils nous font subir ! » Michel Pinçon souffle dans un premier temps : « On n’a pas beaucoup travaillé sur cet aspect-là. » Monique Pinçon-Charlot siffle, elle : « Enfin, on sait quand même qu’ils ne veulent jamais payer d’impôts, on connaît leurs stratégies d’optimisation fiscale… Si ça, ce n’est pas un indicateur de leur violence, je ne sais pas ce que c’est ! » Animateur de la soirée, le journaliste François Ruffin y va de sa petite expérience lors d’un reportage consacré à un tournoi de polo à Megève (Haute-Savoie) pour Là-bas si j’y suis sur France Inter. « Je discutais du jeu avec Laurent Dassault. C’est un sport très représentatif : au polo, il y a le capitaine d’équipe qui paie ses joueurs et il y a les lads, les laquais qui sont là pour servir. Leur représentation tient là : les riches ont des valets et ceux-là, ils les traitent bien ! »

Lire la suite...

Pas de classes en classe ?

Voici un appel, et une invitation, au colloque d'urgence organisé mardi 15 février par l'Association française d'économie politique (Afep), l'Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur (Ases) et l'Association des enseignants et chercheurs en science politique (AECSP) afin de « défendre les sciences économiques et sociales au lycée ».

« Les programmes de sciences économiques et sociales du lycée sont en ce moment l’objet d’une réforme qui remet en cause leur pluridisciplinarité et conduit à l’abandon progressif des notions permettant de saisir l’espace social tel qu’il est, avec ses différences, ses divisions, ses déterminations et ses classes. C’est pourquoi des chercheurs de disciplines soeurs ont décidé d’organiser un colloque d’urgence pour rappeler la légitimité scientifique et la justesse de la démarche pédagogique des SES, et témoigner de leur soutien envers leurs collègues de lycée. Venez nombreux le mardi 15 février 2011, entre 14 heures et 17 heures, à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), grand amphithéâtre, 105, boulevard Raspail, Paris. »

Intervenants annoncés : André Orléan, Anne-Catherine Wagner, Alain Desrosières, Laurence de Cock, Pascal Combemale, Marjorie Galy, Patrick Lehingue, Sabine Rozier, Frédéric Sawicki, Arthur Jatteau, Erwan Le Nader, Frédéric Lebaron, Philippe Légé.

Sans classes, une image de Sébastien Marchal

Attention, attention ! Ce n'est pas sans rapport (de classes), un premier encart de quatre pages Humaginaire sortira ces prochains jours dans l'Humanité. A travers un reportage avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, on y parlera de la lutte, des classes, avec et surtout sans cette foutue virgule. D'eux, de nous, de je dans cette affaire ! Pour suivre le feuilleton et connaître la date précise de publication de l’ensemble dans l’Huma, abonnez-vous à nos nouvelles dans la colonne ci-contre.

Tunisie, Egypte, mabrouk, un envoi de Thierry Sarfis et Olivier Cabon

Egypte, une image de Thierry Sarfis et Olivier Cabon

Tunisie, une image de Thierry Sarfis et Olivier Cabon

Deux images envoyées à Humaginaire.net par Thierry Sarfis. Cliquez dessus pour y voir mieux.

vendredi 11 février 2011

Loppsi 2, un envoi de Dugudus

Loppsi 2, une image de Dugudus

Une image envoyée à Humaginaire.net par Dugudus. Cliquez dessus pour y voir mieux.

mercredi 26 janvier 2011

Au secours, par Roberto Ferrucci

C’est étrange de me promener dans les librairies parisiennes, de voir mes livres exposés dans les rayons, et de penser que peut-être, dans quelque temps, ils seront introuvables dans un certain nombre de librairies de ma région, la Vénétie. Absents, mais pas parce qu’ils seraient épuisés. Non, expulsés par autocensure, par peur. Cette peur qui tenaille désormais les consciences de tant d’Italiens. Qui, entre le courage et la quiétude, choisissent la seconde. Après les bibliothèques, effet domino de la peur, ça pourrait être le tour des librairies. Cela arrivera comme une conséquence de la décision d’un conseiller provincial de Venise, l’ex fasciste Raffaele Speranzon, d’« inviter » les bibliothèques à exclure des prêts les livres de tous les auteurs qui, en 2004, avaient signé un appel de soutien à Cesare Battisti. Il a ensuite fait marche arrière, invoquant une provocation. Mais son homologue chargée de l’Education à la Région Vénétie, Elena Donazzan, ex fasciste elle aussi, s’est emparée de l’initiative pour l’élargir à toutes les écoles de Vénétie. Dehors, les livres des écrivains dérangeants !

Lire la suite...

vendredi 21 janvier 2011

La violence sociale, c’est dehors

La semaine dernière, jeudi et vendredi, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot ont fait une pause dans leur triomphal tour de France au cours duquel ils présentent, souvent devant des salles archicombles, les thèses principales de leur Président des riches, paru chez Zones en septembre 2010. A l’université Paris-Dauphine, un colloque organisé en leur honneur – « La sociologie des classes dominantes : enjeux et renouvellements des problématiques » – a rassemblé des dizaines de chercheurs autour du couple de sociologues… Et quelques-uns de leurs « enquêtés », déjà aperçus pour certains dans l’excellent documentaire de Jean-Christophe Rosé, Voyage dans les ghettos du gotha. Après les contributions scientifiques, ceux-ci étaient venus narrer leurs relations avec les Pinçon-Charlot, et dévoiler les préventions du milieu pour mieux louer leur honnêteté. « Certains me disaient que nous étions naïfs de leur ouvrir nos portes, que ces sociologues étaient des trotskistes, hausse les épaules Philippe Dulac, ex inspecteur général des finances et président de la société de vènerie (chasse à courre). Mais presque toute l’intelligentsia française l’a été, non ? »

Lire la suite...

Patates

En marge de l’entretien accordé lundi dernier à l’Huma et publié hier au cœur d’un dossier de trois pages, Eric Verhaeghe m’a confié quelques cartouches ramassées sur le champ de bataille. Traces du tir de barrage que provoque son livre dans la plupart des médias dominants, liés au Medef et à ses croyances (voyez donc celui-ci qui, postérieur à notre conversation, l’illustre remarquablement à mes yeux). C’est hors antenne l’intervieweur d’une radio dite économique qui, constatant que son invité est fils d’ouvrier, puise dans sa sociologie de comptoir une explication à la spectaculaire défection : « Forcément, vous ne deviez pas être à l’aise avec les patrons ! » Je crois bien me souvenir qu’en livrant cette anecdote, l’autre jour, Eric Verhaeghe, l’affranchi du patronat, a parlé de « coup de pute »… Ou alors, c’est moi qui l’ai pensé. Grossier merle.

Pot de Prolotte, produite par Ne Pas Plier, photo de Thomas Lemahieu

Voici l’extrait d’un roman, d’un récit qui dépasse, et de loin, cette petite affaire (évoquant Tarnac, l’insurrection qui plus ou moins vient, le purin d’orties, la police et les livres, etc., Nathalie Quintane cherche et trouve le moyen de faire entendre le son du canon de la Révolution sans glisser vers la Restauration dans la langue). Je l’aime bien, je vous le donne :

Lire la suite...

mercredi 19 janvier 2011

« Le paradigme de 1789 permet de comprendre notre époque »

Voici un bref extrait d'un entretien-fleuve avec Eric Verhaeghe, un drôle d'oiseau qui vient de claquer la porte du Medef, à paraître demain jeudi 20 janvier dans l'Humanité. Il résonne, me semble-t-il, avec certaines des idées et des préoccupations déjà exprimées ici ou et ...

« Le paradigme de 1789 permet de comprendre notre époque… Avant la Révolution, il y a une crise des finances publiques et une crise économique ; les élites en profitent et ne veulent surtout pas faire le moindre effort pour l’enrayer. Aujourd’hui, nous avons un phénomène absolument identique : est-ce que, par exemple, on a bien mesuré que la dette publique, c’est de l’épargne garantie pour les très gros revenus ? Lorsque l’on fait un chèque de 30 millions d’euros à Liliane Bettencourt au titre du bouclier fiscal, ce chèque est financé par de la dette que Liliane Bettencourt achète sous la forme d’emprunts d’Etat et, quand on la rembourse, on lui fait un nouveau cadeau. Le bouclier fiscal est une opération de passe-passe qui permet d’accroître le patrimoine des gros revenus en le faisant financer par l’écrasante majorité des citoyens. »

Les liens vers les principaux articles du dossier de l'Huma:
- « Le Medef parle d’un monde qui n’existe pas », entretien avec Eric Verhaeghe
-Laurence Parisot préfère cultiver 
l’art de l’esquive
- Au cœur des élites qui orientent les décisions, la caste des patrons d’État

dimanche 14 novembre 2010

J’aurais voulu écrire une histoire d’amour, mais aujourd’hui, c’est impossible, par Roberto Ferrucci

« J’aurais voulu écrire une histoire d’amour, quand j’ai commencé ce livre, la première fois que je suis arrivé ici, mais aujourd’hui, c’est impossible, je crois, pour un écrivain italien, d’arriver à s’abstraire de la sensation de répulsion, de la vulgarité généralisée qui est aujourd’hui la carte de visite de mon pays. » C’est la phrase qui se trouve sur le quatrième de couverture de mon nouveau roman, Sentiments subversifs. L’« ici » est Saint-Nazaire où ce roman a été commencé, où je l’ai terminé et où il sort ces jours-ci dans une édition bilingue. Le « pays », par contre, c’est l’Italie. Non, ce n’est vraiment pas facile de la raconter, l’Italie d’aujourd’hui. Pour un écrivain, il est sûrement plus commode de choisir des trames intimistes ou le roman noir. Moi, je ne réussis pas à faire autre chose.

Lire la suite...

- page 2 de 6 -