Dans le Monde daté dimanche-lundi, l'historienne Sophie Wahnich, avec qui je prépare la publication pour le 24 mai (sous réserve) d'un cahier de doléances de 4 pages Humaginaire dans l'Huma, publie un texte - son titre original était Conflictualiser la référence à la résistance - qui paraît agressif, cruel aux yeux des organisateurs du rassemblement des Glières. Après que l'intellectuelle a accompagné un temps le processus des Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui (CRHA), le texte a fait grand bruit en Haute-Savoie, au moment même où quelques grandes figures de la Résistance rendent public l'appel de Thorens-Glières. Il mérite pourtant, à mes yeux, d'être lu et discuté parce qu'il éclaire des limites d'une démarche qui, certes, rassemble massivement - il y avait, ce samedi, d'après les gendarmes, plus de 3.000 personnes dans le petit patelin haut-savoyard pour écouter quelques bons clients comme Xavier Mathieu, Frédéric Lordon ou Daniel Mermet, et les participants pourraient bien être trois fois plus nombreux ce dimanche sur le plateau des Glières -, mais qui court aussi le risque de se heurter à un mur, faute de chercher des formes d'expression et un nouvel imaginaire politique pour le XXIe siècle.

Avec une douloureuse ironie, à l'ouverture du forum des résistances de Thorens-Glières, c'est un appel, écrit en bonne partie par Sophie Wahnich et très légèrement remanié, qui a été lu par les organisateurs. Afin de faciliter la compréhension des débats en cours, j'en livre ci-dessous la version qu'elle m'a faite parvenir vendredi...











