Adieu monde cruel, bonjour la révolution !
Par TL, le lundi 23 mai 2011, 19:09 - Droit d'association - Lien permanent
Cela n’a échappé à personne, des salariés continuent de se tuer au travail ; parfois, ce sont des syndicalistes qui se suicident, comme c’est arrivé récemment à France Télécom ou à l’inspection du travail. Qu’est-ce que ces drames appellent ? Qu’est-ce qu’ils hurlent ? Que ça suffit, que cela ne peut plus durer. Y a tout qui va pas, mais on devrait se taire. Interdit de gémir, de larmoyer, de geindre, de se lamenter. Il est périlleux de se dolenter à la fenêtre ! Au mieux, on réserve aux proches les tourments, on dompte nos élans, il n’y a pas à partager la misère, rien de bon à tirer de cette tristesse individuelle et collective : il y a toujours plus malheureux que vous. La cruauté – celle du système tel qu’il broie, celle du monde tel qu’il roule à tombeau ouvert - nous fait perdre nos langues, nous coupe le sifflet - sidération.
Ailleurs dans le monde, après que des martyrs sont tombés (lire Le fantôme de l’amiral Nelson sur la place Tahrir), les bouches s’ouvrent. Dans le monde arabe, puis en Espagne. Elles disent des milliers de choses, elles partent souvent du quotidien pour tracer l’avenir. Ici, sur les réseaux sociaux, certains se prennent à rêver et déclinent : ils écrivent sur Facebook et ou sur Twitter #italianrevolution, #frenchrevolution… Dans l'Huma de ce lundi, le philosophe Alain Brossat trace, à propos de l'affaire DSK, un chemin: « Un ultime retournement ne serait-il pas ici pensable ? En effet, cet « éternel retour » de l’Ancien Régime sûr de lui et dominateur qui, cette dernière semaine, donnait de la voix sur tous les plateaux de télé, appelle-t-il autre chose que le sursaut d’un tiers état (l’immense majorité) excédé de tant de morgue et de mépris ? »
Pour redonner de la voix, il faudrait, peut-être, déjà prêter l’oreille. Et
choisir ensuite quelle ponctuation glisser au bout de cette phrase :
Que demande le peuple 
Dans l’Huma de ce mardi 24 mai, vous trouverez le cahier de doléances de Vierzon, réalisé avec douze citoyens (cheminot, intérimaire, comédienne, facteur, ouvrier, étudiante, etc.), l’historienne Sophie Wahnich et les graphistes de l’Atelier Formes Vives.