Réunis le 25 janvier dans les sous-sols de l’hôtel Méridien de la Porte Maillot (Paris, 16e arrondissement), les mécènes de l’UMP, les richissimes membres du désormais fameux Premier Cercle – merci, Eric Woerth ! –, ont eu la joie de voir débouler leur fondé de pouvoir, celui qui gère les affaires à l’Elysée, le président des riches lui-même. Qui la joue Capital, me voilà ! Littéralement. Le Canard enchaîné qui, il y a quelques semaines, rapporte cette scène livre au passage un extrait de son discours : « Moi, les journalistes ne m’aiment pas. On dit tout de suite que je suis un dictateur ! Alors voilà, à vous qui êtes mes amis, je vous l’annonce, je suis votre nouveau dictateur ! »

Depuis le mois de septembre, d’autres réunions se tiennent un peu partout dans le pays, elles rassemblent plus de monde, elles sont ouvertes à tous, on n’y optimise pas les impôts, on ne s’y blottit pas tous derrière le bouclier fiscal et on n’y fait pas les poches des participants. Ce sont des rencontres avec le couple de sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, auteurs notamment du Président des riches (Zones/La Découverte, 14 euros). Cet ouvrage, disponible en ligne, passera le cap des 100.000 exemplaires vendus, aujourd’hui, demain ou mercredi. Et chez l’éditeur, une petite fête se prépare, évidemment… En vérité, le triomphal succès des Pinçon a de quoi nous réjouir tous. Ajouté à la diffusion massive de « JE LUTTE DES CLASSES » dans les cortèges lors du mouvement contestant la contre-réforme des retraites, c’est un signe, peut-être, qu’au bout du bout, c’est bel et bien la fin de l’histoire qui est finie, qu’au-delà de cette limite, c’est la classe affaires qui est périmée. Face à l’oligarchie, les Pinçon lancent un appel à « réhabiliter un langage en termes de classes sociales », et il tinte aux oreilles d'un nombre croissant de citoyens. Réveil, reprise.

Demain, mardi 22 février, à lire dans l’Huma un cahier de quatre pages Humaginaire, pour remettre les idées en mouvement, avec Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon, Gérard Paris-Clavel et nous tous, parce que c’est à nous de jouer !