Dans un bref appel accompagnant la diffusion de « JE LUTTE DES CLASSES », l'association écrit :

« Repousser l’âge de la retraite, c’est d’abord faire payer l’addition à ceux qui paient déjà le plus : ceux qui entrent tôt, au bas de l’échelle salariale, dans des boulots sans doute pénibles auxquels ils laissent une partie de leur vie et qui, en partant à la retraite à 60 ans, auraient pu sauver quelques années. Pourtant, de moins en moins de travailleurs seront dans ce cas. Entrée tardive sur le marché du travail, interruptions de carrières à cause du chômage : pour réunir le nombre d’annuités requis, il faudra de toute façon trimer bien au-delà de 60 ans, du moins pour ceux qui le pourront et qui auront du travail.

Repousser l’âge de la retraite est alors seulement un moyen d’affaiblir les salariés, de leur enlever une fois de plus une carte pour défendre leur position sur le marché du travail. Cela s’inscrit dans un projet général de précarisation du salariat et d’affaiblissement des travailleurs. Alors qu’il faudrait inventer les conditions d’une vie meilleure au travail pour les salariés âgés, redéfinir les tâches, redonner des possibilités, le gouvernement joue les gestionnaires en père fouettard et, sur le terrain des retraites comme ailleurs, punit les plus faibles et dépossède de leurs droits, c’est-à-dire de leurs ressources collectivement conquises, l’ensemble des travailleurs. Et cela, nous ne l’accepterons pas.

JE LUTTE DES CLASSES. Cela sonnerait pourtant comme un slogan dépassé et discrédité par l’idéologie dominante et ses intellectuels de service. Mais justement, la présence du « je » propulse la phrase au-delà du jeu de mots : plutôt une invitation à l’échange, une promesse d’engagement. Non pas le « je » du retour de l’individu, périodiquement annoncé par les idéologues du capitalisme, mais un « je » directement connecté aux conflits. La réappropriation de la subjectivité par le collectif, une montée en généralité qui n’enferme pas le « je » dans l’espace étroit de l’individu, mais le place en situation de communication et de combat à la fois. Après la résignation du repli sur soi, la promesse de lendemains qui changent. C’est aussi la vertu de JE LUTTE DES CLASSES, que de permettre un lien entre un futur ouvert et un passé que l’on croyait dépassé. »

Rendez-vous de diffusion avec Ne pas plier à Paris, à partir de 12h30, au métro Chemin Vert (à l’angle de la rue Saint-Gilles et du boulevard Beaumarchais) et, dans toute la France, avec la dernière page de l’Humanité.

A lire aussi sur ce blog, Quelles formes donner à nos luttes aujourd'hui ?, une discussion sauvage publiée le 9 janvier dans l'Humanité, avec notamment Gérard Paris-Clavel et Franck Poupeau, tous les deux membres de l'association Ne pas plier.