« Alors qu’on avait toutes les raisons d’être avant tout préoccupé par les menaces d’ordre économique, voilà que ce Rêve générale donnait sur un autre horizon, sur un autre espace, d’où on allait peut-être pouvoir prendre de la distance. Comme si on commençait à percevoir la possibilité d’un autre lieu, d’où développer une autre critique sur ce qu’on était en train de vivre. »

« J’y vois beaucoup plus qu’un jeu de mots, plutôt une sorte de brèche qui me paraît loin d’être négligeable, ouvrant peut-être sur ce qui ne trouve justement pas à se formuler. Encore que le système n’ait pas attendu pour gérer la catastrophe et même de sorte à innover dans la manière d’asservir. La gravité de la situation devenant le prétexte pour inciter à une soumission de plus en plus grande. »

Extrait d'un entretien avec Annie Le Brun, écrivain, essayiste, auteur notamment de Du trop de réalité (Folio Essais). Le texte complet est lisible dans l'ouvrage dirigé par Antoine Mercier, Regards sur la crise (co-édition Hermann/France Culture, 2010).

Photo de Pierre Pytkowicz,
le 1er mai 2009, dans les rues de Paris.