La Commune emmerde le Front national
Par TL, le mardi 16 mars 2010, 16:02 - Papiers froissés - Lien permanent
« La Patrie, un mot, une erreur ! – l’Humanité, un fait, une vérité ! »
« Inventée par les prêtres et les rois, comme le mythe dieu, la patrie n’a jamais servi qu’à parquer la bestialité humaine dans des limites étroites, distinctes, où, directement sous la main des maîtres, on la tendait et la saignait pour le plus grand profit de ceux-ci, et au nom de l’immonde fétiche. »
« Quand le bois vermoulu du trône craquait et menaçait ruine, le berger ou, pour mieux dire, le boucher, s’entendait avec son cher frère ou cousin du voisinage, et les deux misérables couronnés lançaient l’une contre l’autre les multitudes stupides qui, pendant que les maîtres riaient à sa barbe, allaient – meutes affolées – s’entr’égorger, en criant : Vive la gloire ! Vive la patrie ! »
La saignée faite, César, qui marquait les points, arrêtait l’égorgement, embrassait son très cher frère l’ennemi, et faisait rentrer au bercail son troupeau décimé, incapable alors pendant de longs mois de lui porter ombrage. »
« Le tour était joué. »
« Aujourd’hui, c’en est assez ! Les peuples sont frères ; les rois et leurs valets sont les seuls ennemis. »
« Assez de sang, assez d’imbécilité ! Peuples, les patries ne sont plus que des mots ; la France est morte ! L’humanité est là. »
« Soyons hommes et prouvons-le ! »
« L’utopie d’Anarchasis Cloots devient vérité. La nationalité – erreur, résultat de la naissance – est un mal, détruisons-le.
« Naître ici ou là, seul fait du hasard, des circonstances, change notre nationalité, nous fait amis ou ennemis ; répudions cette loterie stupide, farce dont nous avons toujours été jusqu’ici les dindons. »
« Que la patrie ne soit plus qu’un vain mot – une classification administrative sans valeur ; notre pays est partout où l’on vit libre, où l’on travaille. »
« Peuples, travailleurs, la lumière se fait, que notre aveuglement cesse, sus aux despotes, plus de tyrans. »
« La France est morte, vive l’humanité ! »
Extrait de l’article de Jules Nostag, Patrie – Humanité, paru dans La Révolution politique et sociale, le 16 avril 1871.
Commentaires
D'accord pour ce qui est de la patrie, mais pas pour la nationalité qui, à la base peut être le fruit du hasard, mais qui, une fois née, forme un individu et lui donne des caracteristiques, des goûts, des affections qui lui deviennent chères.
Ces affinités reportées à l'echelle de toute une population, forment une Nation, et il est faux de prétendre que la France n'existe pas!
En réponse (et en complément) à la contribution de Maurice, je préfère pour ma part citoyenneté à nationalité.