La violence sociale, c’est dehors
Par TL, le vendredi 21 janvier 2011, 17:57 - Fragments, petites formes - Lien permanent
La semaine dernière, jeudi et vendredi, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot ont fait une pause dans leur triomphal tour de France au cours duquel ils présentent, souvent devant des salles archicombles, les thèses principales de leur Président des riches, paru chez Zones en septembre 2010. A l’université Paris-Dauphine, un colloque organisé en leur honneur – « La sociologie des classes dominantes : enjeux et renouvellements des problématiques » – a rassemblé des dizaines de chercheurs autour du couple de sociologues… Et quelques-uns de leurs « enquêtés », déjà aperçus pour certains dans l’excellent documentaire de Jean-Christophe Rosé, Voyage dans les ghettos du gotha. Après les contributions scientifiques, ceux-ci étaient venus narrer leurs relations avec les Pinçon-Charlot, et dévoiler les préventions du milieu pour mieux louer leur honnêteté. « Certains me disaient que nous étions naïfs de leur ouvrir nos portes, que ces sociologues étaient des trotskistes, hausse les épaules Philippe Dulac, ex inspecteur général des finances et président de la société de vènerie (chasse à courre). Mais presque toute l’intelligentsia française l’a été, non ? »
Châtelain, administrateur de la Demeure historique et président du cercle de l’Union interalliée, Denis de Kergorlay raconte avec malice comment, au cours d’une visite dans les locaux du club de la rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, Monique Pinçon-Charlot avait pointé, sous son nez, la « violence sociale » du lieu. « Violence sociale ! Comme vous y allez ! », s’était-il étonné. « C’est intimidant, tout de même », avait-elle rétorqué. « C’est ainsi, c’est naturel pour eux, les sociologues parlent de violence sociale pour dire intimidant, plaisante-t-il quelques années plus tard. Lors de la cérémonie des vœux au personnel de l’Interalliée, j’ai repris ce que vous m’aviez dit à propos de la violence sociale du cercle. Mais ensuite, j’ai expliqué que, pour moi, la violence sociale s’arrête justement au seuil de l’Interalliée… Dehors, il y a les automobilistes qui s’insultent. La violence sociale est dehors… » Un peu plus tard, Valentine de Ganay, écrivain et héritière du château de Courances (Essonne), estime que l’expression « classe sociale » disparaît : « Comme si les classes sociales n’existaient plus, raille-t-elle. Quand on veut employer cette expression, on s’affiche comme marxiste, c’est très réducteur. Le contenu de ces mots existe encore et il est intéressant d’analyser les mécanismes sociaux. Les classes sociales n’existent plus ? Mais c’est une farce spectaculaire ! »
Attention, attention ! Un premier encart de quatre pages Humaginaire sortira en février 2011 dans l'Humanité. A travers un reportage avec Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, on y parlera de la lutte, des classes, avec et surtout sans cette foutue virgule. D'eux, de nous, de je dans cette affaire ! Pour suivre le feuilleton et connaître la date précise de publication de l’ensemble dans l’Huma, abonnez-vous à nos nouvelles dans la colonne ci-contre.
Commentaires
"Trotskistes", les Pinçon-Charlot? Il me semble qu'ils ont plutôt été membres du PCF et qu'ils en sont restés proches... Ils viennent d'ailleurs de signer un appel à un Front de gauche élargi:
http://dynamique-frontdegauche.fr/