Le cahier de doléances de Wall Street
Par TL, le vendredi 14 octobre 2011, 15:41 - Droit d'association - Lien permanent
Je lutte des classes, qu’on disait ici. Ailleurs, quelque chose arrive aussi : aux Etats-Unis, dans le cadre du mouvement des indignés, baptisé là-bas Occupy Wall Street, certains revendiquent maintenant une appartenance à l’intersection de l’intime et du collectif : je suis les 99 %, de ceux qui perdent tout dans la guerre des classes, nous sommes le 99 %, je suis les laissés-pour-compte du système, et nous voulons que ça change ! Tout ce qui se dit quand y a tout qui va pas. Ce qui va de soi, ce qui coule de nous. Regardez voir, que demande le peuple !
« Par la double attestation de la photo et de l’écrit, l’exposition de ces bribes de vie prend une force et une densité étonnantes, relève André Gunthert sur l’Atelier des icônes. On regarde les visages – beaucoup de femmes, d’étudiants –, on lit les textes, qui répètent à satiété: «no job», «unemployed», «no health insurance»: l’exposition collective et spontanée de tout ce qui mine les sociétés développées, l’incompréhension profonde de ceux qui ont fait tout ce qui fallait, et qui n’ont que des miettes. Pas la manifestation d’une foule indistincte et rageuse, dont on ne percevrait que les cris et les slogans raccourcis par les médias, mais une collection de vies qui disent chacune, en détail, avec des mots sur un visage, les ratés du processus. Ils sont les 99% qui ont perdu la foi dans le rêve américain. »
Mais il y a plus, peut-être, dans ces mots et ces visages. A l’évidence, c’est un cahier de doléances qui s’écrit dans nos écrans. Et ce n’est pas triste, plutôt réjouissant…
Si c'était nous, maintenant? Parce qu'en France, nous sommes aussi les 99%!
Pour voir des centaines d'autres doléances en provenance des
Etats-Unis, rendez-vous sur le site We are the 99 percent
d'où les images présentées ci-dessus ont été extraites. Voyez aussi la page
d'archives, elle est spectaculaire!
A lire, en écho, sur Humaginaire: Que
demande le peuple, le cahier de doléances de Vierzon paru dans
l'Humanité du 24 mai 2011 ; Voix, slogans,
doléances, un texte de Sophie Wahnich, un extrait
de l’appel du Tambour des doléances qui recueille et publie des doléances
de tous les horizons depuis l’automne 2010, et, enfin,
Révolution, remettre les pendules à l'heure, par Sophie Wahnich et
Formes Vives, une double page publiée dans l'Huma le 13 juillet
2010.














