Le travail de l'image, par Gérard Paris-Clavel: La ville est à nous (4/8)
Par TL, le jeudi 24 décembre 2009, 11:53 - Paru dans l'Huma - Lien permanent
« Mais
enfin, qu’est-ce que vous voulez ? », interrogent parfois des élus, la
main sur le larfeuille pour acheter la paix sociale. Les pouvoirs développe le
communautarisme et le caritatif, quand nous essayons d’étendre le collectif
social, riche de ses différences, et les solidarités politiques. Ma ville est
un monde et nos vies s’y mélangent. Habitants des quartiers pleins de
sens, et pas « sensibles » au sens policier, nous n’en pouvons
plus d’être interrogés sans jamais être entendus, comme confinés dans un
particularisme coupé des questions globales. Nous devons nous affirmer non plus
comme des citadins passifs, mais comme des citoyens, des citoyennes qui
participent au conflit social sur nos lieux de travail, mais aussi là où nous
habitons.
Aux chiottes, le fatalisme médiatique ! Ras-le-bol de la litanie des malheurs ! Il y a le combat pour le nécessaire, mais si vous voulez qu’on s’en sorte, il faut nous donner le goût du superflu. La question de la ville heureuse demeure taboue, il y a une réticence totale à parler ainsi dans le champ politique : l’art de vivre, comme la tendresse et toutes les choses qui sont fondatrices de la relation humaine et de la qualité de nos vies, il faut les taire, comme si ce n’était que du privé. Rien n’est plus faux. Voisins, voisines, nous avons des rêves à partager.
Question de l’image : où sont les formes heureuses des luttes dans la ville ?
Une page publiée dans l'Humanité du 24 décembre
2009