Tu es en ville, dans la rue, tu circules, tu ne déambules pas – ça n’est plus possible. Tu es un individu qui reçoit des milliers de messages par jour. Les médias, propriétés des multinationales, produisent une quantité de signes telle qu’ils n’ont pas à s’occuper de la qualité. Tu reviens d’une promenade, tu n’es pas nourri, mais gavé. Tu es sous contrôle. Cette communication omniprésente de l’insignifiance te dévore, te consume et veut t’instrumentaliser en consommateur passif. La marchandise a tout débordé, elle t’occupe littéralement. Il ne reste que la vibration d’un gros tout qui n’a le sens de rien. Face à l’inflation publicitaire dans l’espace public en voie de privatisation, il faut considérer les murs comme une propriété collective, des biens communs. Pour faire ressurgir à la surface de nos villes les idées du changement social…

Question de l’image : Qu’est-ce qui fait disparaître le citoyen ?

Une page publiée dans l'Humanité du 23 décembre 2009