« Charlie Hebdo est le journal par lequel j’ai découvert la politique, à la fin du lycée. Mais après l’avoir dévoré chaque semaine durant plusieurs années, je m’en suis éloigné, notamment du fait de leur obsession pour les musulmans, qui me semblait de plus en plus relever du racisme. Et puis il y avait tout ce qui relevait du mépris de classe inconscient, pour le prolo qui regardait TF1 et le foot – toutes choses que je partageais avant d’avoir la réflexivité sur ma position de petit-bourgeois intellectuel que m’a permis la lecture de Bourdieu… Mais même si je voyais trop leurs défauts, même si je me sentais trahi par l’évolution de leur ligne éditoriale, je tombais encore parfois sur un dessin qui me faisait rire, et je gardais pour eux la sympathie qu’on a pour un ancien camarade dont toutes les conneries qu’il peut faire n’effaceront jamais les bons moments de rigolade partagés… Bref, c’est triste ce qui arrive, c’est triste pour les personnes tuées, dessinateurs et employés, pour leurs familles, pour leurs proches… C’est triste aussi pour tous les musulmans français qui n’ont rien à voir avec ce genre d'illuminés et qui vont être sommés de se justifier, de se “désolidariser”… C’est triste pour les crispations, les peurs, les haines que ce terrible attentat va renforcer… C’est pourquoi je partage avec vous cette citation de Fabien Stang, maire d’Oslo, suite à la tuerie de l’île d’Utoya par l’islamophobe Anders Breivik, et qui me semble la seule vraie réponse collective à la haine. N’hésitez pas à l’imprimer pour les rassemblement de ce soir… »

Ne pas arroser, une image de Guillaume Lanneau Guillaume Lanneau, Ne pas arroser.

L'encre est plus forte que le sang, une image de Francis Perez
Francis Perez, L'encre est plus forte que le sang.

Un choix de société, une image de Philippe Bissières
Philippe Bissières, Un choix de société.

Plus jamais ça, une image de Raouf Karray
Raouf Karray, Never again (Plus jamais ça).