Photo de Roberto Ferrucci
Photo de Roberto Ferrucci
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A Paris, tout semble rester à l’intérieur des paramètres officiels. Les affiches collées sur les panneaux prévus, à part qu’ensuite, elles sont victimes des immanquables retouches, comme dans chaque lieu, à chaque élection. Peut-être c’était aussi pour éviter ça que Barack Obama avait choisi, en 2008, de ne pas apparaître sur les affiches électorales. A part qu’ensuite on découvre aussi dans le XVIe arrondissement, le plus bourgeois et chic, un parcmètre qui paraît arriver directement de Marseille.


Photo de Roberto Ferrucci
Quand j’étais petit, j’étais fasciné par l’élection du Président de la République italienne. Tout à fait différente de la française. Notre Président est élu par le Parlement, et le dépouillement des votes est fait à voix haute par le président de la Chambre des députés. Et moi, je répétais de mémoire les votes des candidats, Saragat, Nenni, Malagodi, Pertini. Allez savoir si les gamins qui, sortis de l’école, se jettent sur les bancs de cette petite place du Panier, les connaissent eux aussi par cœur les noms des dix candidats à la présidentielle de 2012.


Photo de Roberto Ferrucci
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Marseille est pleine d’affiches, de tracts et d’autocollants, rien que de Mélenchon. Le grand rassemblement du 14 avril sur les plages du Prado est annoncé dans tous les coins, sur tous les murs, sur chaque poteau, ou borne, ou gouttière. Son succès augmente de jour en jour, et surprend tout le monde. Lui aussi, je crois. Même la photo de l’historique « Pizzaria Etienne », au Panier, a le signe de Mélenchon, en arrière-plan. Le Panier, enfin, est un chantier ouvert, des immeubles neufs, des appartements rénovés. Ce qui est en train de changer, c’est le paysage humain, pas seulement urbain, dans les parages.


Photo de Roberto Ferrucci
Dans le quartier de la Plaine, il y a aussi cette installation involontaire. L’arte povera qui prend le pouvoir.


Photo de Roberto Ferrucci
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J’étais en train de boire un thé au Panier Marseillais, et arrive une jeune femme qui, sur la première photo, porte ce beau manteau avec des motifs blancs sur les épaules. Elle me demande si elle peut me laisser une lettre d’un certain Mennucci – candidat socialiste de Marseille qui, en fait, la précédait et que je reconnaîtrais avant qu’il ne disparaisse derrière l’angle – et le programme de François Hollande. Peu après, dans une vitrine, je remarque l’affichette de Lisette Narducci, de la « gauche républicaine », qui remplace, mais je ne vois pas bien comment, Jean-Baptiste Renucci. A ce stade, je ne serais pas étonné que, parmi les candidats, se trouve aussi un certain Ferrucci. J’aurais pu trinquer à sa santé à l’Apéro rouge, le 27 mars, si j’avais été là.


Photo de Roberto Ferrucci
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A Draguignan, pendant les Escapades littéraires, organisées par l’association Libraires du Sud, et avec l’Italie comme invitée (les noms des participants sont écrits sur le tableau), je découvre que le siège local du Front de gauche est plus grand que celui du PS.


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Un matin, sur la place Saint-Sulpice, il y a cet exemplaire de Libération par terre. Avant de le ramasser, je n’arrive pas à éviter un geste, suggéré par le sujet de la photo en première page. Non, je n’ai pas résisté.

Un reportage inédit de l’écrivain italien Roberto Ferrucci, auteur notamment de deux livres disponibles en français: Ça change quoi (Seuil, collection Fiction & Cie, 2010) et Sentiments subversifs (meet, 2010). A lire aussi sur son blog (en italien) et sur Humaginaire.