Street art nettoyé sur le parvis, place de la Bastille, photo de Thomas Lemahieu

Papillons sur le parvis, place de la Bastille, photo de Thomas Lemahieu

Au sol sur le parvis, place de la Bastille, photo de Thomas Lemahieu

Au sol sur le parvis, place de la Bastille, photo de Thomas Lemahieu

Sur la place de la Bastille, ce mardi midi, il reste quelques papillons, une ou deux inscriptions au sol, rien d’autre. Tout a été nettoyé. Les cartons « Grèce générale » ou « Si vous nous empêchez de rêver, nous vous empêcherons de dormir » ont disparu, tout comme la banderole impérative « Paris, réveille-toi ». La police veille, elle. Matraques. Somnifères. Interdiction de stationner sur les marches, interdiction de se réunir à plus de deux sur le parvis. Tout est sous contrôle.

Cahiers de doléances lors du rassemblement du 29 mai 2011 place de la Bastille, photo de Thomas Lemahieu

Les « indignés » – ou quel que soit leur nom – ont décidé de se désigner comme « révolution » avant de la faire : sur les réseaux sociaux, ils utilisent, pour se reconnaître, les catégories #prisedelabastille ou #frenchrevolution. On peut glousser ou être irrité, mais ils se lient à une aspiration profonde dans les sociétés. Aspect très révélateur et constituant, peut-être, la belle promesse de cette émergence citoyenne, le succès des cahiers de doléances installés dimanche sur un tréteau au pied des marches de l’opéra. Pendant cinq à six heures, on se pressait pour jeter quelques phrases dénonçant une démocratie amputée, le vol dans la répartition des richesses ou ces politiques d’austérité qui interdisent toute perspective de justice sociale. Mais aujourd’hui, où sont passés ces voix, ces doléances, ces slogans ?