Primes à la casse
Par TL, le dimanche 21 février 2010, 17:15 - La tyrannie de la réalité - Lien permanent
« A l’extérieur du lieu d’accueil
Deux hommes se disputaient
En fureur, ils hurlaient
Pour savoir quelle voiture avait le plus gros moteur
La Ferrari ou la Maserati
Tout à coup l’un des deux hommes prit l’autre à la gorge
Et commença à l’étrangler
L’autre sortit une bouteille de Thunderbird de sa poche arrière
Et la brisa sur la tête du premier homme
Ils roulèrent dans le caniveau
Se donnant des coups de pieds, des coups de poings dans les beuglements
Je vis l’éclat d’un couteau
Quand la police et l’ambulance arrivèrent
Il y avait du sang partout
L’un des hommes haletait
Et un son mouillé sortit de sa gorge
Comme s’il s’étouffait dans son propre sang
Après que la police et l’ambulance soient parties
Je suis resté là à réfléchir en secouant la tête
J’avais beau essayer, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ils se
disputaient comme ça
Après tout…
AUCUN D’ENTRE EUX NE POSSÈDERAIT JAMAIS
DE FERRARI OU DE MASERATI. »
Journal de Baltimore 2, un article du journal de rue Street Voice, paru dans le beau recueil Paroles de l’ombre, éditions Verticales, 2003.