« Nous avons une préoccupation très forte sur le terrain, liée à la mise en place de la taxe locale sur la publicité extérieure, détaille la patronne des patrons. C’est une taxe qui frappe tout signe extérieur visuel, y compris les informations obligatoires de par la loi. Seules les entreprises sont soumises à cette taxe. Je vais prendre un exemple : si, demain, une association met une grande enseigne, elle ne paiera pas la taxe, mais s'il nous vient l’idée à nous, au Medef, de mettre une enseigne sur le toit, nous paierons la taxe, soit. Si vous êtes à l’Hôtel de ville de Paris et que vous affichez une enseigne Mairie de Paris, il n’y aura aucune taxe sur cette enseigne. » (La présidente du Medef ignore que son organisation elle-même n’est pas une entreprise, mais une association ou peut-être même un syndicat – quelle horreur -, mais passons !) Et Laurence Parisot prophétise ensuite : « Il va y avoir une mobilisation très forte des Medef territoriaux sur ce sujet. Probablement aussi, dans un certain nombre de cas, des actions juridiques vont être intentées. » Le Mouvement des Entreprises de France emprunte donc le sentier des néons et de la guerre. Une guerre, oui : il faut bien défendre tout ce que le privé a déjà conquis en territoire public, colonisé dans l'environnement et dans les têtes.

Ajout du 16 mars 2010 : Un mois plus tard, Stéphan Brousse, animateur de la cellule TPE-PME auprès de Laurence Parisot, confirme l'engagement du Medef dans la bataille. « On n’est pas contre le fait d’avoir une vision moins polluée des villes, bien entendu, mais on doit pouvoir négocier avec les maires sur le montant de la taxe. Au minimum, on va demander un plafonnement de cette taxe… » Bien entendu ?