« Combien gagne-t-il de plus depuis qu’il parle anglais ? » Je te le demande, dans le métro parisien, ces jours-ci. « +35% », c’est écrit, promis-juré, sur les grands placards publicitaires. « I speak Wall Street English », articule un gonze, en tirant un drapeau britannique à la place de la langue. Subprime mortgage, hedge funds, offshore, dark pools, etc. Combien tous ces mots du vocabulaire élémentaire de l'anglais de Wall Street nous ont-ils fait perdre déjà ? Pendant ce temps, en Seine-Saint-Denis, à l’école, les gamins ont inventé un terme – c’est une enseignante qui nous l’a raconté – pour dire « dérober », « ravir », « butiner » ou, en l'espèce, « télécharger des films sur internet ». Ils parlent de « madoffer » - c'est pas con.